À Rosmerta, la tradition de l’hospitalité

Dans le centre d’Avignon, une ancienne école catholique abrite des mineurs étrangers isolés et des familles déboutées du droit d’asile. Le diocèse a saisi la justice pour les expulser.

À l’ombre d’un large platane, une dame à la chevelure grise et deux adolescents guinéens se sont assis autour d’une petite table pour parler d’une affaire sérieuse : l’entrée prochaine à l’école des deux jeunes hommes. « Vous allez d’abord passer des tests pour savoir quel est votre niveau. Ce sera le 2 octobre », dit Roberte à Mamadou et Yahya, qui hochent la tête, l’air concentré. Mais un troisième vient interrompre ses explications. « Regarde Roberte, ça y est, j’ai reçu mes papiers du Mali ! », lance Ali*, tout -sourire, en lui montrant l’écran de son téléphone portable. « Mais c’est une très bonne nouvelle ça ! » Tout le monde se réjouit avec lui : ils savent que ces documents officiels peuvent lui permettre d’être enfin pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Pas très grand et d’allure frêle, le garçon a l’air d’avoir à peine 15 ans.

Dans la cour de Rosmerta, l’école et les papiers font partie des sujets de discussion quotidiens. Mais on parle aussi de la cuisson du riz ou des tours de ménage, car cette ancienne école primaire catholique est aujourd’hui la « maison » de 35 mineurs isolés étrangers, c’est-à-dire des jeunes de moins de 18 ans arrivés seuls sur le territoire français, et de cinq familles, soit une cinquantaine de résidents au total. « Lorsque le lieu a été investi, en décembre 2018, tout le monde pensait qu’on serait expulsés quelques semaines plus tard », se remémore Roberte, jeune retraitée du médico-social et référente de la commission scolarité de Rosmerta. Pourtant, presque deux ans après son « ouverture », le squat n’a pas été évacué, et il ne pourra pas l’être avant plusieurs mois : lundi 21 septembre, la cour d’appel de Nîmes devait examiner le recours formulé par le diocèse d’Avignon contre l’occupation illégale du lieu. Mais l’avocat du diocèse a demandé le report de l’audience, qui devrait finalement se tenir le 15 février.

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