« Antigone », de Sophie Deraspe : Assoiffée de justice

Avec Antigone, la Canadienne Sophie Deraspe transpose avec force le personnage de Sophocle dans le Québec contemporain.

Elle apparaît à l’écran menue, le cheveu brun très court, les yeux clairs. Elle regarde la caméra avec la même intensité que la Jeanne d’Arc interprétée par Renée Falconetti dans le film de Dreyer. Elle s’appelle Antigone. L’action, cependant, se passe de nos jours. Pour son cinquième long métrage, la cinéaste canadienne Sophie Deraspe a choisi de transposer librement la figure de l’héroïne de Sophocle dans le Québec d’aujourd’hui. C’est un sacré pari, et une vraie réussite.

Juste après le meurtre de ses parents dans leur pays, l’Algérie, Antigone, avec sa sœur Ismène et ses frères Étéocle et Polynice, est arrivée très jeune au Québec, sous la responsabilité de leur grand-mère, qui les élève. Cette famille immigrée est unie ; les frères lui permettent d’avoir un peu de confort grâce à leurs trafics, qu’ils gardent secrets ; Antigone, qui a alors les cheveux jusqu’aux épaules, est une élève brillante. Mais, lors d’un contrôle policier, les choses dérapent. Polynice est arrêté, Étéocle, victime d’une bavure, meurt.

La famille d’Antigone n’a pas seulement à subir le chagrin qui s’abat sur elle. La justice a décidé de renvoyer Polynice en Algérie. Où il serait immédiatement la cible de graves persécutions.

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