Dossier : Qui arrêtera le bulldozer Amazon ?

Chez Amazon, des luttes bien ficelées

Des gilets jaunes aux commerçants, la résistance prend de l’ampleur et est de plus en plus relayée médiatiquement.

C’était le 8 août dernier à Ensisheim, en Alsace. Une vingtaine de militants d’Extinction Rebellion (XR) occupait le site du projet Eurovia 16. D’anciens champs de maïs sur lesquels Amazon doit installer un entrepôt de 190 000 mètres carrés. Un mois plus tard, de grosses mottes de terre jonchent encore le sol. Militant écologiste et cofondateur du collectif Urgence climatique des trois frontières, Stefan Suter raconte : « Les activistes les avaient posées là pour empêcher les policiers de venir les déloger. » Ils demandent à s’entretenir avec un élu, ce qui arrivera le soir même.

Ce projet, Stefan Suter y consacre « toutes [ses] journées ». Avec plusieurs associations, il tente d’informer les habitants sur les conséquences de l’implantation d’Amazon. Durant le confinement, avec un collègue, il synthétise les conséquences que pourrait avoir le projet, afin que ceux qui le veulent puissent exprimer leur opposition auprès de l’enquêteur public. Quelque 300 personnes le feront, mais la contestation sera balayée.

Le projet d’Ensisheim n’est pas la seule bataille de Stefan Suter contre Amazon. Ce jeudi 3 septembre, il retrouve les membres du Chaudron des alternatives, près de -Strasbourg. Créé fin 2019, ce collectif s’oppose aux projets écocides dans la région. Une quinzaine de membres sont réunis dans une boulangerie au rideau baissé. L’ordre du jour : les actions à Dambach-la-Ville, à quelques kilomètres de là, sur la route des vins d’Alsace. Là aussi, un entrepôt géant pourrait remplacer les champs de maïs. Les militants devraient, dans les prochaines semaines, rencontrer la députée européenne insoumise Leïla Chaibi et organiser un débat entre activistes et élus à Sciences Po Strasbourg.

« Le projet est encore suspendu à la décision de la communauté de communes, qui doit statuer dans les deux prochains mois », explique Pascal Lacombe, l’un des membres du Chaudron. « Nous essayons donc de peser sur la décision des élus. » Auparavant, le collectif avait organisé des actions de sensibilisation : tours d’un rond-point à vélo pour ralentir la circulation et alerter sur l’augmentation du trafic que causerait l’implantation, porte-à-porte et distribution de tracts aux habitants et aux élus locaux, promotion d’une « Alterzone », un projet en lieu et place du site Amazon, avec zone de maraîchage, recyclerie ou encore centre de recherche appliquée en permaculture.

Si la grogne contre la multinationale se répand en France, le phénomène est mondial.

Il reste 66% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notfications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.