La colère des gilets jaunes reste entière

Le 12 septembre, les défilés ont repris dans de nombreuses villes. Si la mobilisation était faible et la répression massive, les revendications n’ont pas bougé depuis 2018. Et pour cause, la situation sociale a empiré.

Six mois que les gilets jaunes n’avaient pas fait la une. Une éternité pour un mouvement qui s’imposait dans l’actualité sociale française, quasi hebdomadairement, depuis bientôt deux ans. Mais la crise sanitaire est passée par là. Le confinement a stoppé la routine manifestante, égrenée en actes, semaine après semaine. La date du samedi 12 septembre devait sonner l’heure de la rentrée. Robert, croisé dans l’un des cortèges parisiens, conteste : « Pour les médias, ça ne reprend qu’aujourd’hui, mais ça n’a en fait jamais arrêté. » La précarité ne s’est pas mise entre parenthèses avec le Covid-19. Bien au contraire, selon le gilet jaune venu de la Seine-et-Marne : « Les entreprises profitent de la situation, licencient, délocalisent, grâce à Macron, qui a cassé le code du travail. » Le quadragénaire est un gilet jaune de la première heure.

Comme Magali, mobilisée dès le 17 novembre 2018, qui repousse une opération de la hanche depuis un an, afin de pouvoir continuer de manifester chaque semaine. Elle est invalide, a appris « à ne pas en avoir honte », à vivre avec 1 200 euros de pension chaque mois. Elle fait les trajets entre la Normandie et Paris dans un vieux tacot qui n’a plus le droit de rouler dans la capitale. Tant pis, pas les moyens d’acheter une voiture plus récente. « Je veux bien être écolo, mais pour cela il faut de l’argent », tranche la bientôt sexagénaire. Ce samedi matin, elle est au rendez-vous, dès 9 h 30, place de la Bourse.

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