Le retour du social

Après plusieurs mois de retenue imposée par le Covid-19, les gilets jaunes et les syndicats retrouvent ces jours-ci le chemin de la rue.

Michel Soudais  • 16 septembre 2020
Partager :
Le retour du social
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Mauvaise nouvelle pour le gouvernement. Ses coups de menton sécuritaires et identitaires ne sauraient trop longtemps masquer un climat social tendu. Après plusieurs mois de retenue imposée par le Covid-19, les gilets jaunes et les syndicats retrouvent ces jours-ci le chemin de la rue. Avec, pour les premiers, qui avaient appelé le 12 septembre à des rassemblements en différents points de la capitale et dans plusieurs villes du pays, des revendications inchangées touchant à la justice sociale et à la démocratie. Si cette mobilisation de rentrée n’a pas été aussi massive que l’espéraient ses initiateurs, elle a néanmoins rappelé que ce mouvement, lancé à l’automne 2018 et toujours soutenu par une frange importante de l’opinion, n’avait pas disparu, l’exécutif étant resté sourd à la plupart de ses revendications telles que l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés et pensionnés modestes ou le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune.

À lire > La colère des gilets jaunes reste entière

Ce jeudi 17 septembre, c’est au tour de la CGT, rejointe par la FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse (FIDL, MNL, Unef et UNL) d’appeler à la mobilisation. Pour la centrale syndicale de Philippe Martinez, cette journée d’action interprofessionnelle est présentée comme « une première étape importante dans la construction du rapport de force ». Et l’occasion pour les salariés de « se défendre » face aux nombreuses suppressions d’emplois. « Les problèmes d’hier restent les problèmes d’aujourd’hui », note le leader cégétiste, qui observe que « les premiers de corvée sont toujours payés comme au mois de février ». Le plan de relance du gouvernement est contesté du fait qu’il « ne s’adresse qu’aux entreprises » bénéficiaires d’aides, d’exonérations de cotisations et de suppressions d’impôts sans condition ni contrepartie sociale et écologique.

Pour les syndicats mobilisés le 17 septembre, cette politique ne marque aucune rupture avec celle d’avant la pandémie. Ils réclament plus que jamais l’annulation des réformes de l’assurance-chômage – sa deuxième phase, reportée au 1er janvier, entraînerait une baisse moyenne des indemnités de 22 % – et des retraites. Des réformes violentes et génératrices d’insécurité sociale.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Candidats victimes de racisme : « Aux municipales, on doit souvent prouver beaucoup plus que les autres »
Enquête 3 mars 2026 abonné·es

Candidats victimes de racisme : « Aux municipales, on doit souvent prouver beaucoup plus que les autres »

Cyberharcèlement raciste, appels haineux et menaces de mort : à mesure que la campagne des municipales s’intensifie, les candidat.e.s non blancs sont pris pour cible. Des attaques qui révèlent le quotidien des candidat.e.s racisé.e.s en politique.
Par Kamélia Ouaïssa
En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées
Analyse 27 février 2026 abonné·es

En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées

En centre de rétention administrative, les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont de plus en plus nombreuses. Parfois arrêtées directement à la sortie de l’hôpital psychiatrique, elles risquent, une fois en CRA, d’être placées à l’isolement. Ce qui aggrave leur santé mentale.
Par Pauline Migevant
Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques
Enquête 27 février 2026

Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques

Ahmed N., un exilé érythréen souffrant de troubles psychologiques, est mort sur un parking près de Calais en mai dernier. Malgré les alertes, les associatifs ont fait face à de nombreux dysfonctionnements venant de l’hôpital de Calais concernant sa prise en charge.
Par Maël Galisson
Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »
Polémique 25 février 2026 abonné·es

Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »

Offusqué·es par la minute de silence observée à l’Assemblée nationale pour Quentin Deranque, y compris à gauche, plusieurs citoyen·nes ont écrit à leur député·e pour l’interpeller.
Par Pauline Migevant