Trafic aérien : il est temps d’atterrir !

Le manque d’avion est-il plus fort que l’urgence climatique ? La crise sanitaire liée au Covid-19 a montré qu’une suspension du trafic aérien était possible et aurait pu enclencher une réorganisation plus écolo-compatible.

Vanina Delmas  • 30 septembre 2020
Partager :
Trafic aérien : il est temps d’atterrir !
© Steve Strike/Getty Images/AFP

M esdames et messieurs, votre commandant vous souhaite la bienvenue à bord pour ce vol à destination de… nulle part ! » Voici la dernière mode en Asie et en Australie : brûler du kérosène pour planer quelques heures et revenir à la case départ. Le manque d’avion est-il plus fort que l’urgence climatique ? La crise sanitaire liée au Covid-19 a montré qu’une suspension du trafic aérien était possible et aurait pu enclencher une réorganisation plus écolo-compatible. Car le discours commence à se radicaliser dans la société civile : la seule solution pour respirer en 2050 est une diminution du trafic aérien. Rien à voir avec les promesses d’avions verts, ce placebo administré par les industriels et le gouvernement français. Le sevrage est en cours pour une partie de la population consciente des enjeux. Mais, pour aller plus loin, une cure de désintoxication plus globale s’impose : repenser le tourisme, la notion de progrès, la croyance en la croissance infinie…

Et comment faire décroître le trafic aérien sans provoquer de désastreuses turbulences sociales ? Dans Le Dernier Avion. Comment le trafic aérien détruit notre environnement (Tana, 2020), le journaliste Sébastien Porte résume : l’avion devient « l’un des plus dignes représentants de l’anthropocène », « à la fois un besoin légitime et une forme de pollution à combattre ». Des dilemmes essentiels à terrasser pour éviter le crash, ou un aller simple en Absurdie.

Écologie
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

La paysannerie mondiale résiste encore
Reportage 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas
Inondations : réparer ou prévenir ?
Parti pris 25 février 2026

Inondations : réparer ou prévenir ?

Alors que l’extrême droite impose ses thèmes dans le débat public, des inondations historiques frappent la France dans une indifférence inquiétante. Ces catastrophes, loin d’être de simples aléas, révèlent nos choix politiques, nos renoncements et l’urgence de changer de modèle.
Par Pierre Jacquemain