Crise : priorité aux rentiers ?

Passé les aides d’urgence, les PME se retrouvent en grande difficulté. Banques assurances et propriétaires auraient-ils pu endosser davantage de pertes pour les aider ? Pas si simple.

Erwan Manac'h  • 14 octobre 2020 abonné·es
Crise : priorité aux rentiers ?
© HARRY FLEX / Only France via AFP

Anthony Gratacos est amer. À l’heure de licencier ses derniers salariés, ce patron de PME actif dans le secteur aérien voit ses échéances revenir comme si de rien n’était. Crédits bancaires, mensualités d’assurance, loyers… Les charges précipitent sa petite entreprise vers la faillite, comme les milliers d’« entreprises zombies » promises au même sort dès que les aides publiques se retireront. Il ira au tribunal de commerce avec le sentiment d’injustice d’avoir été le seul à trinquer. « Le gouvernement a fait le choix de protéger la rente », tempête le petit patron, qui est aussi un responsable politique (1).

Banquiers, assureurs, propriétaires fonciers devraient-ils assumer une part des pertes enregistrées à la suite des fermetures administratives ? L’ont-ils fait ? « Rien, peste Anthony Gratacos. En dehors de l’Urssaf et des impôts, il n’y a eu d’annulation nulle part. Nous avons obtenu des reports de mai à septembre, mais les sommes sont dues, chacun va devoir négocier individuellement ses créances. » Il a notamment dû continuer à assurer des véhicules à l’arrêt (avec une ristourne de moitié) et la société de leasing qui lui loue ses voitures régularise désormais les mensualités reportées, sans lui avoir demandé son avis.

Pourtant, les moyens déployés par la puissance publique pour soutenir l’économie sont considérables : chômage partiel, fonds de solidarité pour les entreprises fermées ou en perte

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Économie Santé
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