Dossier : Le mouvement planétaire : une force planétaire

En Australie, la jeunesse contre l’ogre du charbon

En Australie, la société civile s’active contre les projets du gouvernement reposant sur l’exploitation massive et destructrice de la houille.

L’Australie est en état d’alerte -climatique : la fréquence des chaleurs extrêmes et des sécheresses s’intensifie, les saisons d’incendies deviennent plus longues et destructrices, les inondations sont de plus en plus dévastatrices… Lors de la saison 2019-2020, les mégafeux incontrôlables ont ravagé une superficie forestière équivalente à celle du Royaume-Uni et tué près de trois milliards d’animaux. Du côté des océans, les inquiétudes grandissent aussi : la Grande Barrière de corail a perdu 50 % de sa surface durant les trente dernières années. Selon le biologiste et climatologue Ove Hoegh-Guldberg, ce joyau australien aura disparu d’ici à 2040, emportant des milliers d’espèces vivantes nourries et abritées par son précieux écosystème.

L’Australie n’est pas un pays modèle en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Si elle a bien ratifié l’accord de Paris sur le climat en 2016, s’engageant ainsi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28 % d’ici à 2030 (par rapport à 2005), sa dépendance aux énergies fossiles freine l’action politique. L’un des pays les plus polluants de la planète, l’Australie brûle toujours du charbon pour générer son électricité : ses 19 centrales représentent à elles seules un quart de l’empreinte carbone du pays.

Les multiples déclarations du Premier ministre, Scott Morrison (1), minimisant le lien entre le changement climatique et les incendies inquiètent l’opinion publique. « Depuis 2013, le Premier ministre et ses prédécesseurs ont reçu au moins 18 avertissements d’experts de haut niveau liant le changement climatique à -l’aggravation des feux de brousse, a déclaré David Ritter, directeur général de Greenpeace Australie, dans The Guardian en décembre 2019. Ils les ont tous ignorés. Ils ont non seulement échoué à agir pour réduire les émissions à l’origine de l’urgence climatique, mais ils ne se sont manifestement pas suffisamment préparés aux incendies catastrophiques. » Des dirigeants politiques à contre-courant des préoccupations citoyennes : 90 % des Australiens pensent que le réchauffement climatique constitue une menace critique ou importante, selon une enquête de l’Institut Lowy de Sydney. Une prise de conscience qui se traduit en actions et mobilisations sur le terrain, comme celles contre le projet minier Carmichael, porté par la multinationale indienne Adani.

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