En Géorgie, la revanche du vote noir

C’est grâce à un travail de longue haleine pour inscrire les Afro-Américains sur les listes électorales que cet État a voté Biden. Le 5 janvier, il pourrait élire les deux sénateurs qui manquent aux démocrates.

Un écart de 12 670 voix. C’est ce qui sépare Joe Biden et Donald Trump dans l’État de Géorgie à l’issue de l’élection présidentielle américaine. Les résultats ont été certifiés le 20 novembre, malgré les contestations désespérées du milliardaire et de son équipe d’avocats. Cette victoire de Joe Biden est aussi courte qu’historique. État du Sud-Est de 10 millions d’habitants, autrefois solidement républicain, la Géorgie ne sourit pas habituellement aux candidats démocrates à la Maison Blanche. Depuis 1964, seuls Jimmy Carter (originaire de Géorgie) et Bill Clinton ont remporté l’État et ses 16 grands électeurs, en 1976 et 1980 pour le premier, en 1992 pour le second. Après quatre tumultueuses années de Donald Trump, il est devenu un « État pivot » (« Swing State »), déterminant dans la course à la présidence, à la surprise de certains observateurs. Sur le terrain, cependant, ce statut n’a pas étonné. Depuis des années, la Géorgie est travaillée par des changements démographiques qui favorisent la gauche américaine. Elle est également labourée par une myriade de groupes civiques et politiques qui se battent pour faciliter l’accès au vote des populations exclues du processus démocratique et accroître les inscriptions sur les listes électorales. Les plus connus d’entre eux sont Fair Fight Action et le New Georgia Project (NGP), deux groupes fondés par l’ancienne députée de Géorgie Stacey Abrams pour lutter contre les mesures de « suppression d’électeurs » (« voter suppression ») pour lesquelles l’État est devenu tristement célèbre dans la vie politique américaine.

Femme noire, ancienne avocate, elle a fait les frais de ces techniques d’obstruction. En 2018, elle est battue par le républicain Brian Kemp dans la course pour le siège de gouverneur de l’État. Responsable de l’organisation et de la supervision des élections dans son poste de l’époque, ce proche de Donald Trump a notamment été accusé d’avoir fait fermer des bureaux de vote dans des comtés avec une forte population afro-américaine, favorable à son adversaire. Il s’est imposé de 55 000 voix (50,2 % contre 48,8 %), empêchant Stacey Abrams de devenir la première femme noire à accéder à un poste de gouverneur aux États-Unis.

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