Et si on écoutait les féministes ?

Pour déconstruire les rapports de pouvoir traditionnels, les mouvements de défense des droits des femmes auraient beaucoup à nous apprendre. Mais, prisonniers de leurs contradictions et sous-estimés par l’opinion publique, ils sont encore peu audibles.

Agathe Mercante  • 16 décembre 2020 abonné·es
Et si on écoutait les féministes ?
© Pierre Antoine Pluquet/AFP

O n ne battra pas le patriarcat en utilisant les mêmes méthodes que lui. » La phrase est de Lucie, une militante d’Osez le féminisme !, et elle résume à elle seule la philosophie – parfois contradictoire – des mouvements féministes. En combattant le patriarcat, ils s’élèvent de facto contre toute forme de discrimination, d’oppression et d’exploitation. En demandant l’émancipation des femmes, c’est aussi l’émancipation de tou·tes que les militantes féministes défendent. Et en s’engageant contre l’exploitation des femmes, c’est contre l’exploitation de toute chose – planète Terre comprise – qu’elles s’insurgent. Pourtant, outre les bénéfices démocratiques évidents qui pourraient être tirés de ces revendications, les mouvements féministes sont à la peine pour proposer et, à plus forte raison, imposer leur idéal de gouvernance féministe.

La faute en est-elle à un corpus littéraire et philosophique encore trop peu étoffé ? Sur la question de la gouvernance et du pouvoir, la militante féministe Aurore -Koechlin, doctorante en sociologie et autrice de La Révolution féministe (1), concède qu’elle a été « relativement peu posée par le mouvement

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Publié dans le dossier
Gouverner sans chef, c'est possible
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel
Portrait 13 mai 2026 abonné·es

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel

Le comédien de 51 ans raconte son parcours de vie accidenté dans un seul en scène salué par ses pairs. Son histoire est celle d’un homme qui s’est reconstruit grâce à la scène, découverte en prison à la faveur des permissions de sortie et des activités culturelles.
Par Hugo Forquès
Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »
Reportage 12 mai 2026 abonné·es

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »

La polémique autour de l’ouverture d’un Master Poulet à Saint-Ouen, contestée par le maire Karim Bouamrane (PS), a charrié des enjeux à l’intersection entre classe sociale, racisme et géographie de territoire. Un sujet qui résonne à L’Après M, restaurant solidaire dans les quartiers nord de Marseille.
Par Zoé Cottin
Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir
Loi 12 mai 2026 abonné·es

Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir

Les parlementaires ont voté contre l’article sur lequel reposait « l’assistance médicale à mourir », une version plus restrictive du texte adopté à l’Assemblée nationale. Laquelle sera, dorénavant, seul maître à bord du texte.
Par Hugo Boursier
Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte
Parti pris 11 mai 2026

Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte

Toute la fin de la semaine, le Rassemblement national et les groupuscules d’extrême droite ont donné à voir leur réécriture dangereuse et génocidaire de l’histoire. Dans leurs villes ou dans la rue, leur haine explicite n’a fait que souligner la compromission des autorités.
Par Olivier Doubre