La culture comme priorité…

Imaginons que le gouvernement décide d’un acte fort.

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Imaginons. Une pandémie s’abat sur le monde. L’État français se voit dans l’obligation de prendre des mesures pour enrayer la propagation du virus. Des mesures pénibles, qui affectent les libertés individuelles, mais indispensables. Les courbes des infections et des hospitalisations fluctuent, montent, puis redescendent, pas autant que souhaité. Cependant, après un second confinement, le gouvernement, conscient des efforts faits par les Français, qui respectent dans leur immense majorité les gestes barrières, lâche du lest.

Là où on espère pouvoir à nouveau accueillir du public, les protocoles sont peaufinés afin que les mesures sanitaires soient scrupuleusement respectées. Partout les risques de clusters ont été écartés. L’exécutif le sait, qui garde un impératif face au nombre de contaminations encore trop élevé : continuer à contraindre les interactions sociales. Hormis les bars et les restaurants, qui resteront fermés car il est impossible d’y être masqué en permanence, des choix s’offrent malgré tout. Alors le gouvernement décide d’un acte fort.

Dans le pays de Molière et de Marguerite Duras, de Camille Claudel et des frères Lumière, d’Anne Sylvestre et de Pierre Boulez, les lieux d’art et de culture seront les premiers à rouvrir ! Ce n’est pas simplement une question de justice – ils ont été les derniers à être autorisés à reprendre leurs activités au terme du premier confinement, bien après le 11 mai.

Par ce geste, le gouvernement veut aussi affirmer la place prépondérante qu’occupe l’art dans la vie d’une population meurtrie, inquiète, déboussolée. L’art est source de joie et de vibrations sensuelles, mais aussi de catharsis et de questionnements stimulants ; il attise l’esprit critique quand il se fait frondeur, engage le dialogue entre l’intime et l’extérieur, influe sur la perception de soi et des autres, plonge dans l’inconnu pour y découvrir du nouveau, comme disait Baudelaire.

Bref, rien d’inessentiel – c’est le moins qu’on puisse dire : des échappées belles après les horizons bouchés, un besoin existentiel, individuel et collectif, une quête de sens dans une période troublée. Ça tombe bien : les répétitions n’ont pas cessé, les spectacles sont prêts, tous les personnels sont mobilisés, les films attendent en nombre pour éclairer les écrans, les musées et les centres d’art ont dépoussiéré leurs expositions subitement interrompues, les musiciens ont mille tournées en poche et plus de notes encore dans leur tête, ne demandant qu’à être jouées et chantées…

Oui, il suffit d’imaginer pour que tout cela soit réel, pour que la politique retrouve de sa superbe…


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