Dossier : Le mouvement planétaire : une force planétaire

La galaxie climat en pleine mue

Les mesures engagées par les États depuis la signature de l’accord de Paris en 2015 ne sont pas à la hauteur de l’urgence climatique, estime la jeune génération de militants.

Décembre 2015. Les chefs d’État clôturent les négociations, signent l’accord de Paris et se réjouissent de ce succès devant les caméras du monde entier. Dans les rues, des voix s’élèvent : cette COP 21 est attendue par les militants du mouvement climat, qui veulent avoir le dernier mot. Rien d’évident dans le contexte post-attentats, avec la mise en place de l’état d’urgence qui interdit les manifestations. La Coalition climat 21, qui regroupe plus de 130 organisations de la société civile, décide alors de désobéir et de se réinventer : une chaîne humaine réunit plus de 10 000 personnes, tandis que d’autres ont quand même choisi de manifester place de la République, affrontant les forces de l’ordre. Pour le dernier jour, la manifestation est finalement autorisée… la veille au soir.

« Et un, et deux, et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité », « Changeons le système, pas le climat ». Les slogans, désormais bien connus, ont résonné dans l’avenue de la Grande-Armée, proche des lieux de pouvoir. Pour Nicolas Haeringer, coordinateur de 350.org, depuis, on a certes vu «des victoires significatives avec des milliers de milliards de dollars et d’euros désinvestis du secteur des énergies fossiles, des infrastructures abandonnées sur chaque continent. Mais, comme le climat continue de se dérégler de manière exponentielle, on reste écrasé par la gravité de la situation ».

Après la déception de la conférence de Copenhague en 2009, la COP 21 a été perçue comme une avancée non négligeable avec la reprise des négociations internationales et l’idée que la pression citoyenne avait été entendue. « En revanche, depuis les accords de Paris, il y a une double frustration : les citoyens sont en attente d’actes concrets et les États mettent du temps à réagir a minima_, voire ne prennent pas la mesure de l’urgence. Parallèlement, les élections de Trump, de Bolsonaro, et le statu quo de Poutine ont provoqué une inquiétude généralisée chez les citoyens. Ces cinq années ont mêlé un élan d’espoir et beaucoup d’interrogations, dans un climat généralisé de répressions grandissantes des mobilisations sociales »_, analyse Sylvie Ollitrault, directrice de recherche en science politique au CNRS et spécialiste du militantisme écologiste.

Il reste 79% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.