Dossier : Précarité menstruelle : La bataille de l’intime

Gratuité des protections menstruelles : « Une mesure d’égalité »

À l’initiative de l’insoumis Bastien Lachaud, une proposition de loi vise à rendre gratuites les protections menstruelles, mais aussi à réglementer leurs composants, comme pour un produit médical.

Auteur d’une proposition de loi « visant à assurer la gratuité des protections menstruelles et à garantir leur sécurité sanitaire (1) », le député Bastien Lachaud insiste également sur le problème sanitaire et écologique que constituent ces produits.

Que pensez-vous de l’annonce du gouvernement d’allouer 4 millions d’euros supplémentaires à la lutte contre la précarité menstruelle ?

Bastien Lachaud : C’est toujours une bonne chose d’augmenter les budgets là où c’est nécessaire. Mais c’est largement insuffisant pour résoudre le problème de fond. La précarité menstruelle est un enjeu sociétal dans la mesure où les femmes assument un budget important qui devrait être pris en charge par la société. L’objectif ne doit être ni la charité ni un accompagnement des plus précaires, mais la vraie gratuité des protections menstruelles pour toutes et tous – car elle concerne aussi les hommes trans – et leur prise en charge par la Sécurité sociale au même titre que des produits de prévention ou des médicaments.

Vous avez déposé, en mai 2019, une proposition de loi qui allait dans ce sens. Le coût de cette mesure peut-il être trop lourd pour la société ?

La question n’est pas le coût, c’est le principe. À partir du moment où l’on estime qu’il s’agit d’une priorité, d’un objectif de société, on trouvera l’argent. Il suffit de regarder les milliards gaspillés par le gouvernement. Si l’on additionne le CICE, le crédit impôt recherche et l’absence de lutte contre la fraude fiscale, on atteint déjà une dépense publique de 100 milliards d’euros. Avec 100 milliards d’euros, nous financerons sans problème les protections menstruelles ! À titre de comparaison, et pour que l’on mesure bien que nous ne parlons pas de sommes faramineuses : en Écosse, pays qui a mis en place cette gratuité [lire page 22], l’opération coûte environ 11 millions d’euros par an.

Lire > En Écosse, la gratuité des protections menstruelles, c’est fait !

Évidemment, la population écossaise est plus faible que celle de la France, mais une simple péréquation suffit pour avoir une idée du coût que cela représenterait pour nous [137 millions]. D’autant qu’il s’agit d’une mesure d’égalité. Aujourd’hui, le fait que les femmes doivent payer leurs protections tous les mois contribue aux inégalités de genre.

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