Le monde insaisissable de Marie NDiaye
Dans La vengeance m’appartient, Marie NDiaye se glisse dans l’esprit d’une avocate qui n’est sûre de rien, surtout pas d’elle-même, chargée de la défense d’une infanticide. Un roman envoûtant où tout est incertitude.
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© F. Mantovani
Bordeaux – ville déjà présente chez Marie NDiaye – offre son visage le plus hivernal. Il fait froid, glacial dans La vengeance m’appartient. « Ce matin-là, une neige imperceptible tendait sur les vitres du cabinet une opacité propice aux illusions, aux marmottements intérieurs, aux ressassements inspirés, pugnaces, revendicateurs. » La saison, elle aussi, participe à l’humeur générale de ce roman captivant : l’indétermination. La conscience y est embrumée par les suppositions, transie par les incertitudes.
Si son héroïne, Me Susane, est une avocate, le mystère ne tourne pourtant pas autour d’un meurtre dont l’auteur serait son client. Ici, le crime est clairement établi : Marlyne Principaux a tué ses trois jeunes enfants. C’est même elle qui a appelé la police après son terrible forfait. En revanche, quand son mari, Gilles Principaux, entre dans son cabinet pour lui demander de défendre sa femme – c’est la toute première scène du livre –, Me Susane est saisie d’une étrange douleur au front, en même temps que l’homme se présentant
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