Mineurs étrangers : « À chaque fois qu’on leur donne leur chance, ils sont au rendez-vous »

Pour Dieudonné Kobanda Ngbenza, faire confiance aux jeunes étrangers isolés est payant à la fois pour eux et pour la société.

Docteur en sociologie et responsable d’un centre d’accueil pour exilés à Paris, Dieudonné Kobanda Ngbenza est également auteur d’Enfants isolés étrangers : une vie et un parcours fait d’obstacles. Il pointe le désarroi des jeunes dont l’administration conteste la minorité, et plaide pour une prise en charge au bénéfice de tous.

Combien de mineurs isolés y a-t-il en France ?

Dieudonné Kobanda Ngbenza : Les autorités avancent le chiffre de 40 000 à 50 000 candidats à la minorité chaque année, dont seulement 9 500 ont été reconnus en 2020, 16 700 en 2019, 17 000 en 2018, 14 900 en 2017 et 8 000 en 2016. Environ 60 à 85 % de candidats ne sont donc pas reconnus. Dans ce contexte de soupçon permanent des pouvoirs publics, qui les traitent comme des menteurs et des tricheurs, en réalité, très peu font les démarches en vue d’une prise en charge. Au final, on ne sait pas combien de mineurs isolés il y a sur le territoire.

Depuis quand cette situation perdure-t-elle ?

On a commencé à voir arriver des jeunes exilés dans les années 1990. Avant les années 2000, on ne les considérait pas comme des enfants. L’aide sociale à l’enfance (ASE), compétence du département, renvoyait la balle à l’État parce qu’ils étaient étrangers. Pour les pouvoirs publics cette qualité était plus importante que leur isolement. Au tournant des années 2000, l’ASE a commencé à les prendre en charge. Mais à partir de 2010, les départements se sont plaints du manque de moyens donnés par l’État. La prise en charge s’est étiolée, on a mis ces enfants dans des foyers ou des hôtels, sans accompagnement ni scolarisation. Cette situation confronte la France à son engagement dans la convention des droits de l’enfant signée le 20 novembre 1989. On a l’impression que cette convention ne concerne que les enfants français. Or même dans l’article 375 du code civil, qui permet la prise en charge d’un enfant en difficulté, il n’y a aucun critère de nationalité.

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