Dossier : Un an de pandémie : Le blues des soignants

Veillée d’armes avant la troisième vague

La légère baisse du nombre de cas ne doit pas occulter l’inexorable progression des variants, qui menacent des hôpitaux toujours en tension depuis plusieurs mois.

C’est un peu la drôle de guerre. Alors que les modèles nous prédisaient un début d’année reconfiné, force est de constater que la catastrophe annoncée n’a pour l’instant pas eu lieu. Pourquoi ? Nul ne le sait vraiment. Mais les fêtes de fin d’année, c’est heureux, ont été moins contaminantes que prévu, et le régime de semi-confinement sous lequel nous vivons depuis de longues semaines a contribué à maintenir la courbe des cas à un niveau stable, aux alentours de 20 000 nouveaux cas par jour, depuis la « sortie » du précédent confinement en décembre. À cela doit très probablement s’ajouter un surcroît de prudence générale, avec des effets notables sur les contaminations, comme cela avait déjà été observé avant même le confinement d’octobre.

Résultat : au 15 février, les contaminations étaient en baisse sur toute la France de 10 % par rapport à la semaine précédente. Pour autant, les épidémiologistes ont-ils eu tort de réclamer à cor et à cri, fin janvier, un reconfinement ? En réalité, leurs modèles n’ont pas encore dit leur dernier mot. En cause, la pénétration progressive en France des différents variants recensés, dont celui dit « anglais » (B117). Selon le professeur Bertrand Guidet, chef du service de réanimation de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, interviewé sur France 5 le 15 février, B117 représentait à cette date 40 % des nouveaux cas de Covid-19 pour l’ensemble de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). À peine trois semaines plus tôt, fin janvier, il ne comptait que pour 10 % des cas. Soit une progression d’environ 50 % par semaine. Plus contagieux d’environ 50 % à 60 %, c’est la bombe à retardement qui risque de nous exploser au visage, comme elle l’a fait en décembre au Royaume-Uni, justifiant un nouveau hard lockdown (« confinement dur ») outre-Manche.

De fait, depuis plusieurs semaines, tout se passe comme si deux épidémies différentes se déroulaient simultanément : d’un côté, celle du variant « Wuhan », en perte de vitesse car largement contrôlée par les mesures sanitaires actuelles ; de l’autre, celle du B117, qui maintient sa progression constante malgré ces mêmes restrictions. Dans une étude réalisée par l’épidémiologiste Vittoria Colizza, publiée le 14 février, l’Inserm maintient donc son avertissement : « Le variant britannique est attendu devenir majoritaire fin février-début mars en France, avec une grande hétérogénéité géographique (mi-février en Île-de-France). Dans l’absence de mesures de contrôle renforcées, une croissance rapide des cas est attendue dans les semaines à venir. » Le modèle est donc le suivant : l’épidémie régresse jusqu’à ce que B117 représente plus de la moitié des cas, seuil au-delà duquel les contaminations repartent à la hausse.

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