Ariane Ascaride : Une femme peuplée

Durant le premier confinement, Ariane Ascaride a envoyé des lettres à son père, mort depuis longtemps. Une manière de jeter un regard libre sur elle-même, et de résister à une période éprouvante.

Le premier confinement, du 17 mars au 11 mai 2020, semble à la fois proche et lointain. Proche, parce qu’il a moins d’un an ; lointain, car nous ne sommes plus dans l’état de sidération qui a été le nôtre quand nous avons dû, séance tenante, nous cloîtrer chez nous. Le livre que signe Ariane Ascaride nous y ramène. Loin des piètres « journaux de confinement » alors publiés au jour le jour, la comédienne a trouvé une forme – des lettres – pour dire comment elle traversait cette période inédite. Et elle convoque un interlocuteur, son père, décédé depuis plusieurs années, dont elle ressent plus que jamais le manque.

Pourquoi s’adresse-t-elle à lui ? Sans doute pour de nombreuses raisons, dont on peut deviner certaines. L’une d’elles tient à l’inquiétude, sinon l’angoisse, qu’éprouve alors Ariane Ascaride. « J’ai besoin de sentir ton ombre protectrice », lui dit-elle. Une inquiétude liée non pas à sa propre situation – elle ne perd jamais de vue qu’elle est une privilégiée – mais aux évolutions du monde à l’ère du Covid-19 : il y a les « pauvres » qui vont devenir « miséreux », les travailleurs peu reconnus et/ou précaires toujours plus exposés, et cette société ultra-hygiéniste qui se dessine, où l’on ne se touche plus, même pour manifester son affection. Cela revient sous sa plume : lui pèse plus que tout le fait de ne pouvoir prendre ses deux filles dans ses bras.

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