Au Liban, l’horizon est toujours bouché

En proie à la plus grave crise économique de son histoire, le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise politique. La population paie le prix fort, sans aucune perspective de sortie.

Hugo Lautissier  • 31 mars 2021 abonné·es
Au Liban, l’horizon est toujours bouché
Emmanuel Macron, président « épidémiologiste », entre Jan Hayon, chef de service en médecine intensive, et le ministre de la Santé, Olivier Véran.
© Florient Zwein / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Ambiance morose dans les rues du quartier -Gemmayze, au cœur de la capitale libanaise. Il y a un an et demi encore, c’est ici que se retrouvait la faune nocturne, entre bars branchés et restaurants internationaux. Aujourd’hui, c’est un quartier en chantier permanent. L’explosion, le 4 août 2020, du port de Beyrouth, situé à quelques encablures de là, a touché la totalité des immeubles.

« Il n’y a même plus d’éclairage public le soir », regrette Thérèse, la cinquantaine, propriétaire d’un petit magasin d’alimentation dans la rue Gouraud. « Chaque jour, on doit réajuster les prix de la veille en fonction de l’évolution du cours de la livre libanaise. On est censés fermer la boutique à 20 heures en raison du confinement. Mais il y a tellement peu de clients à cause de la crise qu’on ferme dès 18 heures. »

Difficile de suivre le fil des calamités qui se sont abattues sur le pays depuis le mois d’octobre 2019 et la « Thawra », le mouvement de contestation populaire qui visait à faire tomber le système confessionnel et une classe politique corrompue au pouvoir depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). La crise économique qui couvait depuis plusieurs années a explosé en même temps que la colère populaire, mettant un terme au pari politico-financier sur lequel reposait le pays depuis les années 1990. En quelques mois, la livre libanaise, qui grâce à des ingénieries financières de la banque centrale libanaise jouissait depuis 1997 d’un taux de parité fixe avec le dollar (un dollar pour 1 500 livres, qui reste

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Au Brésil, le spectre d’un mauvais remake Bolsonaro
Monde • 1 octobre 2026 abonné·es

Au Brésil, le spectre d’un mauvais remake Bolsonaro

Alors que le dernier scrutin s’était soldé par un coup d’État raté, le président sortant, Lula, affrontera à nouveau le camp bolsonariste ce 4 octobre. Incarnée par le fils de l’ex-président, la droite conservatrice talonne le leader du Parti des travailleurs (PT).
Par Camille Madera
Aux États-Unis, l’intégration ne protège pas de l’arbitraire administratif
États-Unis • 1 octobre 2026 abonné·es

Aux États-Unis, l’intégration ne protège pas de l’arbitraire administratif

Miguel, psychologue mexicain travaillant aux États-Unis, n’a pas obtenu le renouvellement de son visa. Le début d’un exil dans son propre pays. Portrait.
Par François Rulier
Environnement : Total multiplie les infractions au Texas
Enquête • 1 octobre 2026 abonné·es

Environnement : Total multiplie les infractions au Texas

À Port Arthur, une raffinerie du géant pétrogazier a écopé de plusieurs millions de dollars d’amende en vingt-trois ans pour avoir relâché des substances toxiques dans l’air. En 2026, l’agence de l’environnement texane a lancé de nouvelles procédures.
Par Orlando Vinson
Hala Abou Hassira : « Notre combat n’est pas contre les juifs, il est contre la force occupante qu’est Israël »
Entretien • 30 septembre 2026 abonné·es

Hala Abou Hassira : « Notre combat n’est pas contre les juifs, il est contre la force occupante qu’est Israël »

La première ambassadrice de l’État de Palestine en France est une diplomate pas comme les autres. Palestinienne originaire de la bande de Gaza, elle porte en elle la douleur de son peuple mais également l’espoir d’un réveil de la communauté internationale, pour que les responsables d’un génocide et leurs complices soient un jour jugé·es.
Par Céline Martelet