La colère des oublié·es de la PAC

Le 5 mars, la Confédération paysanne avait invité le ministre de l’Agriculture en Bretagne pour lui exprimer ses revendications sur une réforme en cours de la politique agricole commune.

La visite de l’exploitation de Gwénaël Floch n’a pris qu’une poignée de minutes au ministre de l’Agriculture. Le maraîcher, installé sur la commune de Maure-de--Bretagne, entre Rennes et Redon, cultive ses légumes sur à peine 4 500 mètres carrés de serres. De l’hiver, il reste quelques belles planches de blettes et de mâche, alors que les premières carottes de printemps sont déjà hautes.

Crise sanitaire oblige, le Salon de l’agriculture a été annulé cette année. Et ce vendredi 5 mars, la Confédération paysanne, qui ne goûte guère cette « vitrine aseptisée », avait invité Julien Denormandie à venir débattre, au plus près de la réalité du terrain, d’un sujet qui fâche : les oublié·es de la politique agricole commune (PAC). Gwénaël Floch en est un éloquent représentant : au regard de la surface qu’il cultive, il ne recevrait en tout et pour tout que 388 euros d’aide de l’Union européenne (UE). S’il lui prenait l’envie d’en faire la demande. Peine perdue. « Ça couvrirait à peine les frais de dépôt du dossier », soupire le maraîcher, dont la gorge se serre d’une émotion dominée par la révolte. Son exploitation familiale, intégralement en bio depuis onze ans, emploie cinq personnes – trois fois plus à l’hectare que la moyenne départementale. « Nous produisons 60 tonnes de légumes par an, et notre chiffre d’affaires annuel, 180 000 euros, est équivalent à la production de 130 hectares de céréales. » La ferme contribue au succès de Brin d’herbe, un regroupement local d’exploitations engagées en agriculture « raisonnée et durable », précurseur de la vente paysanne directe en France, et participe au réseau Le Goût d’ici, marché en ligne de paniers bio des environs de Maure-de-Bretagne.

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