Côte d’Ivoire : Bouaké, la loi du silence ministériel

L’oeil de Politis sur l’actualité de la semaine en bref.

Politis  • 14 avril 2021
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Devant un box des accusés vide, le procès du bombardement de Bouaké n’avait toujours pas permis, mardi 13 avril, de faire la lumière sur cette affaire qui remonte au 6 novembre 2004. Ce jour-là, des appareils Soukhoï russes avaient lâché leurs bombes sur le camp militaire français de Bouaké, en Côte d’Ivoire, tuant neuf militaires français et un civil américain. Si on ignore tout des commanditaires, on a acquis la quasi-certitude que les pilotes étaient des mercenaires biélorusses et leurs copilotes ivoiriens. Les suspects ont été interceptés dix jours plus tard au Togo, mais, alertés, ni le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, ni sa collègue de la Défense, Michèle Alliot-Marie, ni le ministre de l’Intérieur, Dominique de Villepin n’ont donné suite, et les suspects ont été relâchés. Une décision prise « au plus haut niveau », a affirmé à l’audience l’ancien ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Comprendre Jacques Chirac à l’Élysée et des ministres aussi concernés que muets. Pour l’avocat, Jean Balan, cité par RFI, l’hypothèse la plus probable est celle d’une « manipulation française qui a tourné à la bavure ». Une opération visant à faire porter le chapeau au président ivoirien de l’époque, Laurent Gbagbo. L’ombre d’un énorme scandale d’État.

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