Privatisation d'EDF : les manœuvres s’intensifient

Le gouvernement va tenter de passer outre l’opposition unanime au projet « Hercule » de démantèlement d’EDF.

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Le gouvernement manipule avec une infinie précaution le fameux projet « Hercule » de démantèlement d’EDF, pour tenter de passer outre l’opposition unanime des syndicats, le risque de référendum d’initiative partagée au Parlement, la pression de Bruxelles et l’affichage détestable que ce dossier risque de lui coûter en pleine période électorale. Une pseudo « note blanche » a été transmise aux syndicats le 9 avril, après dix-huit mois de silence radio, et les réunions se multiplient au ministère de l’Économie et de l’Environnement comme à la Commission européenne, sans que le secret sur le projet ne soit pour autant levé. Ces gesticulations laissent l’intersyndicale CGT, CFE-CGC, CFDT et FO « sidérée » par « l’inconsistance du projet gouvernemental » et la « vacuité » du document transmis. Elles lui font également redouter que l’exécutif se réserve l’effet de surprise pour la dernière minute, par exemple par voie d’amendement durant les débats parlementaires prévus l’été prochain, dans l’espoir d’enjamber la mobilisation qui s’installe depuis le mois de novembre.

Les syndicats ont également appris le 7 avril que Bercy prévoyait un chèque de 10 milliards d’euros pour racheter les 16,3 % d’EDF détenus aujourd’hui par des actionnaires privés. Une opération nécessaire pour préparer le redécoupage ultérieur du groupe en trois parties, ainsi que la privatisation partielle des activités rentables que sont les énergies renouvelables et la filiale distribution du groupe, Enedis. Dix milliards d’euros, c’est près du double de ce que valent ces actions en Bourse actuellement. La perspective d’être payé double a semble-t-il émoustillé « les marchés », le 7 avril, et fait bondir de 10 % le cours d’EDF en une journée. Bruno Le Maire a également affirmé devant les syndicats que la partie rentable du groupe, « EDF vert », ne serait privatisée qu’à hauteur de 25 %. Mais tous ont en mémoire les privatisations de GDF ou des autoroutes qui avaient, elles aussi, commencé par des ouvertures partielles de capital.


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