Climat: l'énorme glacier de l'antarctique qui menace la terre

À lui seul, il modifierait le niveau des mers de plusieurs mètres.

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Depuis de nombreuses années, la majorité du millier de scientifiques qui se relaient au chevet du continent antarctique, observent cet environnement glacé avec une préoccupation grandissante. En compagnie d’environ 500 techniciens assurant l’entretien, la maintenance et le suivi des observations, tous s’inquiètent de l’évolution de certains des glaciers qui recouvrent 98 % de ce continent. Leur attention se focalise depuis longtemps sur le glacier de l’Île du Pin (Pine Island Glacier) qui bouge lentement sur la côte sud-ouest d’un « continent » dont la surface dépasse les 14 millions de kilomètres carrés. La première grande alerte s’est produite en 2020 quand ce monument a lâché dans la mer un iceberg de 300 kilomètres carrés, soit trois fois la surface de Paris.

Bien sûr cet énorme île de glace a fini par se fracturer en de multiples icebergs sans provoquer d’accidents dans cette zone maritime peu fréquentée, même par des navigateurs solitaires. Mais comme cet amas de glace a fini par fondre, il a donc été responsable, avec l’un de ses voisins, de 10 % de l’élévation du niveau des mers.

Un mouvement irréversible

Tous les glaciologues de ce « continent » se concentrent désormais, par l’observation sur site et par les satellites, sur la vie et l’avenir de la glace antarctique. Ils de viennent prendre connaissance du travail de leurs confrères de l’université anglaise de Northumbria qui ont consacré leurs recherches à modéliser l’évolution des points de rupture et de basculement dans les calottes et les amas de glace. Leur conclusion est que le glacier de Pine Island glisse vers les eaux la mer. Une éventualité qui mènerait ou mènera à une disparition irréversible de ce glacier. « Notre étude, explique Sébastian Rosier, dans un communiqué publié par l’université anglaise dont il dirigé le travail, est la première à confirmer que ce glacier peut franchir tous les seuils critiques. »

Selon le travail effectué par l’équipe de chercheurs, les tendances à long terme du réchauffement dans les eaux circumpolaires, combiné avec les variations des vents pourraient exposer le glacier à des eaux chaudes pendant de longues périodes. De quoi rendre les augmentations de températures suffisamment importantes pour faire basculer la situation du glacier. Et si le glacier entrait dans une « retraite » instable et irréversible, l’impact sur le niveau de la mer pourrait être mesuré en mètres. Et une fois que la retraite du glacier sera engagée, il deviendra complètement impossible de l’arrêter, concluent les glaciologues.

Des remarques croisées des scientifiques se dégagent deux certitudes : la catastrophe à venir ne fait aucun doute ; nul ne peut dire quand elle se produira. Cela illustre toute l’ambigüité des luttes contre les effets multiples du réchauffement climatique sur laquelle les politiques s’appuient pour ne rien faire et remette les décisions à plus tard. Mais le vrai problème est que d"autres  glaciers menacent également de  longer vers la mer dans les mêmes conditions....


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