Le deuil festif de la loi Climat

Sacré « Roi du blabla » par certain‧es, « cancre du climat » par d’autres, Emmanuel Macron et sa loi Climat ont été la cible de la colère et de la déception des militant‧es écologistes lors des manifestations de dimanche.

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À l’appel du collectif Plus jamais ça !, qui rassemble des centaines d’associations, de syndicats et d’organisations non gouvernementales, 115.000 personnes ont manifesté en France, 56.000 à Paris selon les organisateur·ices, en réponse à l’échec de la loi Climat.

La loi qui sera examinée par le Sénat à partir de ce lundi est une bien pâle copie du projet porté pendant des mois par la Convention citoyenne. Lueur d’espoir pour le mouvement climat, elle devait être le symbole du tournant vers des politiques gouvernementales « à la hauteur des enjeux ». Pourtant, seule une douzaine de mesures ont été retenues.

À lire > Climat : L’urgence traitée par le mépris

Toute l’après-midi, à l’avant du cortège parisien, la voix de France Gall crachée par le camion sono appellera désespérément à résister, suivie de près par les très nombreuses batucadas, les centaines de pancartes rouges et blanches évoquant un monde d’après, pétri d’égalité, de justice et de dignité.

Et maintenant ?

Le réalisateur Cyril Dion, l’un des trois garants de la Convention citoyenne, se tient grand sur la scène, il constate : « Le rapport de force n’est pas encore en notre faveur. » Pour ça, il promet de « continuer à maintenir la pression et mettre le gouvernement face à ses incohérences et à sa communication optimiste voire mensongère ».

Malgré les nombreuses personnes dans les rues ce week-end, les mobilisations nationales – et internationales – pour le climat ont considérablement perdu du terrain. Perdurent tout de même les luttes locales présentes dans la manifestation, comme celles des collectifs des jardins d’Aubervilliers menacés par les JO 2024, ou des terres de Gonesse promises au bétonnage sur 110 ha d’une ZAC, selon les derniers projets annoncés par le Premier ministre vendredi.

La présence des syndicats, et notamment de la CGT, aux côtés des associations comme Attac et Greenpeace posent elles aussi les marques d’une alliance durable, faisant suite à leur manifeste commun pour une sortie de crise « sociale et environnementale ».


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