À Mayotte, « tout le monde a peur de la préfecture »

Départementalisé il y a dix ans, Mayotte bénéficie de dispositions juridiques dérogatoires qui pénalisent les demandeurs d’asile.

Chloé Dubois (collectif Focus)  • 9 juin 2021 abonné·es
À Mayotte, « tout le monde a peur de la préfecture »
© Ali AL-DAHER / AFP

C e que je voudrais, ce sont des réponses, et que ma situation soit résolue, exprime simplement Omar (le prénom a été changé). Parce que vivre comme ça, risquer de me faire renvoyer aux Comores une nouvelle fois, ce n’est pas facile. Et puis c’est trop risqué de traverser la mer. J’ai vu des gens mourir. Je veux vivre normalement, comme les autres élèves de ma classe, et pouvoir circuler pour aller au lycée. » À l’instar de cet adolescent de 16 ans, de nombreux·es mineur·es non accompagné·es (MNA) expulsé·es illégalement du territoire français par la préfecture de Mayotte vers les Comores ont choisi de revenir. Avec l’angoisse que tout recommence.

Pour ne pas être soumis à un nouveau contrôle d’identité et « éviter les problèmes avec la police aux frontières », Omar raconte se lever très tôt le matin pour se rendre au lycée et repartir aussitôt que les cours sont terminés. Il navigue ainsi entre son établissement scolaire et chez lui, adopte des stratagèmes et ne fait aucun détour, ou presque.

En métropole, pourtant, Omar pourrait prétendre à l’obtention d’un document de circulation pour étranger·ère mineur·e (DCEM) qui permettrait de prouver à n’importe quelle autorité qu’il est mineur, qu’il a le droit de résider et de circuler librement sur le

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société Monde
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Un « Politis des lycéen·nes » à télécharger librement
Jeunesse 27 mai 2026

Un « Politis des lycéen·nes » à télécharger librement

Pendant presque un an, Politis a accompagné des élèves du lycée du Dauphiné, à Romans-sur-Isère, dans l’élaboration d’un journal. En mai 2026, ce numéro spécial et inédit voit le jour, en libre accès.
Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle

Un samedi soir à Moscou, des jeunes se confient sur leur envie de quitter le pays et sa « fucking corruption », la peur d’être mobilisés au front, et le contournement des blocages d’internet. D’autres affichent leur fierté d’être russes.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
En Crimée annexée, la guerre non dite a bien lieu au quotidien
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

En Crimée annexée, la guerre non dite a bien lieu au quotidien

Le territoire illégalement annexé par la Russie en 2014 est rattrapé par le conflit. Malgré un discours officiel prétendant que les civils conservent une « vie paisible », la population souffre d’une situation qui s’éternise, faite d’angoisse et de morts passées sous silence.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »
Entretien 27 mai 2026 abonné·es

En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »

En Crimée annexée, des défenseurs des droits humains continuent de travailler malgré le harcèlement des autorités. Sous couvert d’anonymat, l’un des défenseurs de la minorité tatare a accepté de témoigner.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi