Entre EELV et LFI, le grand cafouillage

Un vent d’anarchie souffle sur les régionales. D’une région à l’autre, les relations entre La France insoumise et les Verts passent de l’amour à la haine, sans grande cohérence politique.

Après les jours d’orage, grand soleil ce 28 mai à Angers. À la terrasse d’une guinguette bucolique, encerclée par les grenouilles, des militant·es Verts, insoumis et Génération·s trinquent dans une chaleur estivale. Dans ce bout de paradis au bord de la Loire, l’alliance paraît facile, évidente. Presque tous les convives se retrouvent sur la liste de Matthieu Orphelin, en lice pour la présidence de la région Pays de la Loire. Éric Piolle se joint aussi à la fête ce vendredi, accueilli en rock star de l’union des gauches. Comme Alexis Corbière, Benoît Hamon ou David Cormand avant lui, le maire de Grenoble a fait le déplacement pour soutenir l’effort collectif. Décontracté, il alterne entre des temps d’écoute, des questions, quelques anecdotes. Les vacances sont presque là. « Je voulais vous demander, est-ce que c’est facile de travailler avec les insoumis ? » La question fuse et laisse un blanc. L’invité prend un temps avant de répondre, à peine gêné : « C’est vrai que Jean-Luc à des positions parfois clivantes, ça fait partie de sa personnalité… Mais on peut s’entendre sur beaucoup de points. À Grenoble, on fonctionne ensemble dans un même groupe, pour quelqu’un d’extérieur c’est difficile de dire qui appartient au Parti de gauche ou aux Verts. Évidemment, on s’engueule, mais on reste d’accord sur les axes politiques qu’on défend. » Les paroles d’Éric Piolle rassurent l’assistance, mais ne portent pas loin au-delà de la Loire. Car si l’alliance entre EELV et LFI fonctionne dans l’Ouest, elle reste une arlésienne dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté, ou encore en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

D’une région à l’autre, les explications se brouillent sur la cohérence stratégique. Du côté de La France insoumise, Adrien Quatennens assure que les négociations ont démarré dès le mois de juillet dernier. « On sait qu’on a plein de désaccords au niveau national, notamment avec les Verts sur la question européenne, mais on pensait pouvoir faire l’économie de ces pouilles, pour ne parler que de ce qui nous concerne : les compétences des régions et des départements. » L’idée d’un accord national étant morte et enterrée, il appartenait à chacun d’œuvrer pour l’union sur son territoire. Un bazar électoral qui laisse Éric Piolle circonspect : « Au sein des Verts, nous avions déjà un fonctionnement décentralisé en 2015, dans lequel nos instances régionales décidaient. Cette fois-ci, nous ne sommes d’ailleurs pas seuls à fonctionner comme ça. Et puis, il faut avoir l’humilité de concéder que les histoires locales peuvent jouer un rôle. »

« Il faut avoir l’humilité de concéder que les histoires locales peuvent jouer un rôle. »

En Pays de la Loire, si la liste d’union « L’Écologie ensemble » s’est construite, c’est avec du « travail et une volonté de gagner », martèle mécaniquement Matthieu Orphelin.

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