JO 2024 : un record de saccages à venir

Les conséquences sociales et environnementales des Jeux inquiètent la population de Plaine Commune. Alors que les travaux s’accélèrent, focus sur trois points de lutte.

Koupaïa Rault  • 16 juin 2021 abonné·es
JO 2024 : un record de saccages à venir
Des habitants ont érigé un mur de paille aux Jardins des vertus d’Aubervilliers pour empêcher le passage des bétonneuses.
© Delphine Lefebvre/Hans Lucas/AFP

Plaine Commune, la communauté de communes où s’installent les Jeux olympiques de 2024, compte quatre des vingt villes les plus pauvres de France. La Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), présidée par Anne Hidalgo, les membres du Grand Paris Aménagement, les promoteurs immobiliers ou encore les municipalités se réjouissent d’y construire une compétition « vecteur d’intégration sociale et économique ». Sur son site, Plaine Commune se réjouit : « Une fois l’excitation de l’événement passée, c’est un héritage concret et durable qui restera. » Pour satisfaire les écolos, en 2016, le WWF s’engageait même dans un partenariat censé accompagner les « premiers Jeux alignés avec les objectifs de l’accord de Paris ».

Au total, 20 % du territoire est ou sera en chantier ces prochaines années et, aux jardins d’Aubervilliers, dans le quartier Pleyel de Saint-Denis ou dans le parc de Dugny, la bétonisation et la gentrification sont des menaces bien réelles. Pour résister et dénoncer, associations et habitant·es se sont rassemblé·es dans une inter-organisation nommée Saccage 2024. Ensemble, ils déclarent que, non, la Seine-Saint-Denis n’est pas un terrain de jeu.

Recours juridiques

Ligne 13 du métro, sortie Carrefour-Pleyel. Sur la place du marché, quelques personnes attendent le début du « Toxic Tour » qui les guidera au cœur des travaux du futur Village des athlètes. Ce n’est pas la première balade dans Saint-Denis que le comité Vigilance JO 93 organise : ces journées visent à informer sur les transformations sans précédent que s’apprête à subir le quartier.

L’architecte Ivan Fouquet expliquait récemment au site Reporterre que « l’organisation des JO a été accompagnée d’un assouplissement des règles d’urbanisme : une aubaine pour l’accélération du Grand Paris ». En peu de temps, un nombre inédit de chantiers ont fleuri dans le quartier Pleyel. Entre autres, il accueillera bientôt la plus importante des 68 gares du Grand Paris Express. Autour de chacune d’elles et dans un rayon de 800 mètres, tout est mis en place pour accélérer l’urbanisation. Inévitablement, en cinq ans, les prix au mètre carré autour des futures gares de Saint-Denis-Pleyel et La Plaine-Stade-de-France ont

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 10 minutes

Pour aller plus loin…

Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans
Reportage 25 juin 2026 abonné·es

Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans

Dans l’archipel indonésien, des travailleurs extraient l’étain dans des conditions extrêmement dangereuses. Indispensable à la fabrication des smartphones et des ordinateurs, le précieux métal s’arrache au prix de vies humaines et d’un désastre écologique.
Par Pierre Terraz et Paul Boyer
« Une improvisation la plus totale » : à Tours, la jeunesse face à l’impréparation climatique
Reportage 22 juin 2026

« Une improvisation la plus totale » : à Tours, la jeunesse face à l’impréparation climatique

Face à la multiplication et l’allongement de ces pics de chaleur, le retard pris dans l’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes est criant. Pour les plus jeunes, pourtant vulnérables, la vie est ralentie mais ne peut pas s’arrêter.
Par Martin Eteve
Magali Reghezza-Zitt : « L’inaction climatique revient à faire du tri entre les individus »
Entretien 22 juin 2026 abonné·es

Magali Reghezza-Zitt : « L’inaction climatique revient à faire du tri entre les individus »

La géographe montre dans son livre Bienvenue en 2055 qu’un monde neutre en carbone n’est pas une utopie et serait bénéfique à notre vie quotidienne. Toujours en s’appuyant sur des faits scientifiques et en pointant subtilement les défaillances des politiques publiques.
Par Vanina Delmas
« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »
Luttes environnementales 29 mai 2026

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »

La militante écologiste Lucie Pinson, fondatrice de l’ONG Reclaim Finance et Prix Goldman pour l’environnement en 2020, lutte auprès des milieux financiers pour les forcer à abandonner les investissements polluants. Pour elle, « il n’y a pas de fatalité, on décide aujourd’hui du monde de demain ».
Par Martin Eteve