JO 2024 : un record de saccages à venir

Les conséquences sociales et environnementales des Jeux inquiètent la population de Plaine Commune. Alors que les travaux s’accélèrent, focus sur trois points de lutte.

Plaine Commune, la communauté de communes où s’installent les Jeux olympiques de 2024, compte quatre des vingt villes les plus pauvres de France. La Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), présidée par Anne Hidalgo, les membres du Grand Paris Aménagement, les promoteurs immobiliers ou encore les municipalités se réjouissent d’y construire une compétition « vecteur d’intégration sociale et économique ». Sur son site, Plaine Commune se réjouit : « Une fois l’excitation de l’événement passée, c’est un héritage concret et durable qui restera. » Pour satisfaire les écolos, en 2016, le WWF s’engageait même dans un partenariat censé accompagner les « premiers Jeux alignés avec les objectifs de l’accord de Paris ».

Au total, 20 % du territoire est ou sera en chantier ces prochaines années et, aux jardins d’Aubervilliers, dans le quartier Pleyel de Saint-Denis ou dans le parc de Dugny, la bétonisation et la gentrification sont des menaces bien réelles. Pour résister et dénoncer, associations et habitant·es se sont rassemblé·es dans une inter-organisation nommée Saccage 2024. Ensemble, ils déclarent que, non, la Seine-Saint-Denis n’est pas un terrain de jeu.

Recours juridiques

Ligne 13 du métro, sortie Carrefour-Pleyel. Sur la place du marché, quelques personnes attendent le début du « Toxic Tour » qui les guidera au cœur des travaux du futur Village des athlètes. Ce n’est pas la première balade dans Saint-Denis que le comité Vigilance JO 93 organise : ces journées visent à informer sur les transformations sans précédent que s’apprête à subir le quartier.

L’architecte Ivan Fouquet expliquait récemment au site Reporterre que « l’organisation des JO a été accompagnée d’un assouplissement des règles d’urbanisme : une aubaine pour l’accélération du Grand Paris ». En peu de temps, un nombre inédit de chantiers ont fleuri dans le quartier Pleyel. Entre autres, il accueillera bientôt la plus importante des 68 gares du Grand Paris Express. Autour de chacune d’elles et dans un rayon de 800 mètres, tout est mis en place pour accélérer l’urbanisation. Inévitablement, en cinq ans, les prix au mètre carré autour des futures gares de Saint-Denis-Pleyel et La Plaine-Stade-de-France ont grimpé respectivement de 40,5 % et 44,6 %, selon les informations du Parisien en avril dernier.

À Aubervilliers, 4 000 mètres carrés de jardins ouvriers seront ensevelis sous le béton.

Pour contenir la flambée des prix, Plaine Commune prévoit dès maintenant d’expérimenter le dispositif d’encadrement des loyers proposé par la loi Elan. Mais réguler le marché locatif suffira-t-il à garder les populations les plus précaires au sein du complexe ? Il y a quelques mois déjà, un foyer de travailleurs migrants était vidé en prévision des travaux, et la construction des bâtiments de relogement peine à commencer. « À force, les athlètes auront leur logement avant les expulsés », raille une des militantes.

À la fin des Jeux, 6 000 habitant·es devraient prendre la place des 14 250 athlètes (9 000 pendant les Jeux paralympiques) dans les locaux flambant neufs. L’autre partie se transformera en bureaux et commerces qui accueilleront 6 000 salarié·es. Dans une ville où l’on évoque souvent la question de la mixité sociale, la barre des 40 % de logements sociaux avait été fixée pour le projet. D’après les collectifs, quelques semaines plus tard, le chiffre aurait déjà chuté à 15 %. « Ils veulent faire un nouveau quartier La Défense, à tous niveaux. Ce ne sont pas les habitant·es de la Seine-Saint-Denis qui sont invité·es à venir acheter ici, explique au mégaphone Éric Coquerel, député LFI, présent au Toxic Tour. On renvoie toujours plus loin les populations actuelles ! »

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