Dossier : Migrants : l'État s'acharne sur les solidaires

Surenchère répressive à la frontière des Hautes-Alpes

Doublement des effectifs, collaborations des militaires, rétentions illégales… Les pratiques policières à la frontière franco-italienne de Montgenèvre se durcissent. Au mépris des droits humains et de la sécurité des personnes exilées.

L’effet Darmanin sur le contrôle des frontières pousse les personnes exilées à prendre encore plus de risques en haute montagne dans les Hautes-Alpes. Mais il ne dissuade pas les personnes solidaires qui se mobilisent pour leur porter assistance et les accueillir à la frontière franco-italienne depuis cinq années. Et ce malgré la pression policière et judiciaire qu’elles subissent, à l’image du procès en appel des « 7 de Briançon », qui s’est ouvert à Grenoble ce 27 mai (lire page 22). Dans la région de Briançon, des milliers de candidats au refuge transitent chaque année sur des sentiers en altitude pour éviter d’être arrêtés et refoulés en Italie. Un refoulement illégal, car les policiers ne prennent pas en considération les demandes d’asile ou la minorité des personnes.

Les mois qui ont suivi la nomination du sulfureux ministre de l’Intérieur, à l’été 2020, ont été synonymes d’une surenchère des moyens de contrôle de la frontière. Depuis mi-novembre, conformément à un engagement présidentiel sous prétexte de lutte antiterroriste, les effectifs permanents ont été doublés, portant à 60 le nombre de policiers et de gendarmes présents à Montgenèvre, station de sports d’hiver frontalière. Parallèlement, les militaires de l’opération Sentinelle assument désormais publiquement leur collaboration avec la police aux frontières (PAF). Et, le 16 janvier, les moyens héliportés du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), normalement dédiés au secours, ont servi à reconduire une famille exilée au poste de la PAF. Jusque-là, le commandement du secours en montagne refusait de participer à des opérations en dehors de sa mission légale.

Doigts gelés

Le collectif Maraude du Briançonnais, composé de 200 citoyens et des associations Tous migrants et Médecins du monde, dénonce cette situation. Chaque nuit et parfois la journée, des bénévoles « maraudeurs » parcourent la montagne du côté français du col de Montgenèvre (1 850 m) pour porter assistance et mettre à l’abri. Malgré cette présence quotidienne, les atteintes sur les corps des exilés sont toujours d’actualité. « Il y a eu des amputations de doigts gelés aussi cet hiver. Mi-février, un jeune exilé a été évacué en caisson hyperbare à Lyon à cause de gelures sévères », raconte Agnès Antoine, coprésidente de Tous migrants. Depuis le printemps 2018, cinq décès de personnes en exil ont été constatés dans la région frontalière.

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