À Thouars, la psychiatrie érige des murs

Un an et demi après le meurtre d’une infirmière par un patient, une unité fermée doit être mise en place dans un service où l’ouverture était de mise. Une partie de l’équipe est inquiète.

C ’est devenu triste ici… » Plantée devant la grille, Hélène Filet devient muette. Durant le trajet, elle jurait qu’elle ne voulait pas rester, pas risquer d’être vue par d’ancien·nes patient·es ou collègues. Elle s’avance pourtant vers le grillage, doucement, happée par ses souvenirs. Face à elle, la façade pastel du service psychiatrique de l’hôpital Nord-Deux-Sèvres est restée la même. Usée et noircie. À part la départementale qui ronronne plus bas et quelques arbres isolés, il n’y a pas beaucoup de vie ; la plupart des services de soins de la zone ont été déménagés à Faye-l’Abbesse (Deux-Sèvres), dans un ensemble hospitalier flambant neuf. Plus loin en contrebas, même la ville de Thouars a l’air de prendre ses distances. « Depuis le drame de l’année dernière, beaucoup de choses ont changé, commence Hélène Filet, qui dirigeait le service jusqu’en 2012. Le service a été fermé pendant plusieurs mois puis a rouvert avec moins de lits. Avant, c’était plus vivant. »

Le drame, c’est la mort de l’infirmière Élodie Multon, tuée en février 2020 par un patient. Après l’émoi et les hommages, la reconstruction démarre, pilotée par le professeur Nemat Jaafari, chef de psychiatrie à Poitiers. Ce dernier annonce un an plus tard la mise en place imminente d’une unité fermée de quinze lits, voulue pour être plus sécurisée. Dans le service, on appréhende. Jusqu’à présent, l’établissement ne comptait que deux chambres d’isolement, pour les rares moments où la tension l’exigeait. Perçu comme un cache-misère, le surplus de cloisons ne convainc pas tout le monde. Une partie de l’équipe déplore l’effectif réduit et une formation souvent trop lacunaire, qui n’aide pas à gérer les moments de crise.

Il reste 79% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.