La mort de Belmondo : « dégueulasse » !

De la Nouvelle Vague au cinéma populaire, itinéraire d'un sacré comédien.

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C ’est quoi, dégueulasse ? » demandait Jean Seberg au terme d’À bout de souffle (1960). Eh bien, voilà ce qui est dégueulasse – ce que susurrait Belmondo, alias Michel Poiccard, en s’écroulant sur la chaussée à la fin du film (mais en l’occurrence c’était une fiction) : la mort ! La disparition de Jean-Paul Belmondo, à 88 ans, a été annoncée ce 6 septembre. Et c’est inévitablement au rôle que Jean-Luc Godard lui a donné dans son premier long métrage, à la gueule de ce garçon qui n’avait rien d’un jeune premier, à sa gouaille, à sa façon de nous dire d’aller nous « faire foutre », que l’on songe avec émotion. À 26 ans, Jean-Paul Belmondo était alors un quasi-débutant ; le film l’a transformé du jour au lendemain en star.

Quelque chose chez lui renvoyait nombre de vedettes masculines alors en vogue au rayon des accessoires défraîchis. Belmondo, pourtant formé classiquement au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, était aussi une nature, une force de vie qu’il teintait d’ironie ou franchement d’humour.

Deux parcours se sont offerts à lui. Celui des grands auteurs liés à la Nouvelle Vague : Godard (avec lequel il a tourné trois films, dont Pierrot le Fou), Truffaut, Louis Malle, Chabrol, Philippe de Broca (L'Homme de Rio), Resnais et Melville. Et une carrière résolument commerciale (Oury, Lautner, Deray, Verneuil…), qu’il a fini par privilégier. Comme si, à l’instar d’un Delon, avec lequel il a notamment partagé l’affiche du célébrissime Borsalino, il s’était détourné d’un certain cinéma – ou bien est-ce ce cinéma qui s’est éloigné de lui ? Il n’empêche. Bébel, qui vient d’effectuer son ultime saut périlleux, était un sacré comédien !


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