Dossier : La peste Zemmour

La petite armée zemmourienne

Jeunes soutiens radicaux et influenceurs occupent déjà le terrain pour leur poulain. Ils constituent une base militante solide pour un candidat sans parti et pas encore déclaré.

Ils sont une vingtaine devant le tribunal judiciaire de Paris, porte de Clichy, pour soutenir leur poulain. Ce mercredi 8 septembre, Éric Zemmour doit répondre des délits de provocation à la haine raciale, à la violence et injure raciale. Le procès a finalement été reporté au 17 novembre. Les jeunes de Génération Z sont venus avec une banderole, alors que « le Z », comme ils l’appellent, ne s’est pas présenté devant la cour, envoyant son avocat, Me Olivier Pardo, faire des effets de manche et annoncer à demi-mot sa candidature à la présidentielle.

À la tête de cette vingtaine de jeunes, -Stanislas Rigault, fondateur du mouvement et golden-boy des zemmouriens de moins de 25 ans. Il a 22 ans et déjà un sacré CV : il a fondé il y a trois ans L’Étudiant libre, média très à droite encensé par Valeurs actuelles, qui prend position contre la PMA et questionne les limites du libéralisme à droite. Il court maintenant les plateaux de télévision pour tenter de convaincre qu’il existe bien une « hypothèse Zemmour ».

« Dès les premières rumeurs d’une possible candidature de Zemmour à la présidentielle, avec l’enquête de L’Express en février dernier, je me suis dit qu’il fallait l’appeler à y aller. J’ai créé Génération Z, et en quelques mois on est déjà le premier réseau jeune sur Instagram ! » lâche-t-il avec fierté. Une déclaration à relativiser : si @generation_zemmour cumule un peu plus de 12 000 abonnés sur Instagram, ce qui en fait bien le compte de soutien « jeune » à un candidat à l’élection présidentielle le plus suivi pour le moment, c’est loin d’être le compte politique le plus suivi du réseau social. Il est par exemple dépassé par Thonia (@thoniafr), qui se décrit comme influenceuse de droite.

Réseaux sociaux et militantisme de terrain

Son créneau à elle, c’est plus TikTok, où la jeune femme a environ 30 000 abonnés : « TikTok touche des jeunes, des très jeunes, j’ai des gens entre 13 et 25 ans qui me suivent. J’essaye de leur donner une autre vision. » C’est-à-dire différente de celle qu’elle décrit comme imposée aux jeunes, que ce soit sur TikTok ou par l’Éducation nationale, « qui est clairement dominée par une idéologie de gauche et qui la transmet, en cours d’histoire ou d’éducation civique ». Sur le compte de Thonia, on retrouve des vidéos anti-vaccin ou contre le passe sanitaire, du patriotisme sauce roman national, du bonapartisme, et évidemment des vidéos pour la candidature d’Éric Zemmour, le tout en surfant sur les tendances de l’application ultra--populaire chez les -adolescents. Une de ses dernières vidéos est une présentation de Génération Z, avec qui elle assume de militer : « Si tu es d’accord avec Éric Zemmour sur les points qui te semblent les plus importants, rejoins-nous. »

Thonia dit n’avoir sa carte nulle part depuis qu’elle a quitté le Front national de la jeunesse (FNJ) en 2015. Mais elle a adhéré tout de suite au concept du mouvement de Stanislas Rigault. Aujourd’hui, dans sa section locale du Grand Est, elle participe aux campagnes d’affichage et de stickage, s’investit dans la gestion des réseaux sociaux, « enfin du militantisme de terrain, quoi ». Tout en continuant ses vidéos sur TikTok.

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