« Les écologistes sont devenus plus crédibles »

Les candidat·es à la primaire écolo entendent participer au renouveau politique à gauche, malgré un retour à des codes présidentiels classiques, selon Vanessa Jérome.

Spécialiste d’Europe Écologie-Les Verts, Vanessa Jérome a travaillé sur l’engagement et la militance au sein du parti, ainsi que sur les violences sexistes et sexuelles en politique. Elle décrypte les signaux donnés par la primaire écologiste et ses candidat·es.

La primaire du Pôle écologiste a suscité un intérêt que n’avait pas connu la précédente, en 2017. Qu’est-ce qui en fait sa spécificité, selon vous ?

Vanessa Jérome : Les Verts ont une grande antériorité en matière de primaire pour sélectionner leur candidat·e. Presque toutes les formules ont été testées – primaire ouverte, fermée, semi-ouverte, organisation limitée au parti ou inter-organisations, etc. Les nouveautés de 2021 tiennent d’abord à l’organisation conjointe de ce scrutin par cinq partis écologistes (1). C’est la traduction d’une énième tentative de recomposer l’écologie politique et d’en faire émerger une nouvelle forme. Avec une seule polémique, in fine, qui a tenu à la contestation de la validité de la candidature de Jean-Marc Governatori (2). Et si Génération·s n’a pas présenté de candidature, à l’heure où son fondateur Benoît Hamon se retire de la vie politique, on peut y voir un retour de service à l’attention d’EELV, dont le candidat Yannick Jadot s’était finalement rangé derrière lui en 2017.

Ensuite, il faut souligner l’impact du contexte, qui justifie l’union par l’urgence écologique. On voit bien que ces candidatures sont motivées par la vivacité de mouvements qui ont imposé leur agenda – marches pour le climat, gilets jaunes, #MeToo, Black Lives Matter, etc. Pour la première fois, les écologistes entrevoient une petite chance de jouer le rôle de pivot et de moteur du renouveau du logiciel des gauches, en sélectionnant un·e candidat·e qui pourrait être en mesure de damer le pion à Jean-Luc Mélenchon et au PS. Et ainsi de jouer leur propre carte, à défaut de l’emporter.

Les candidat·es soulignent à l’envi leur responsabilité d’aller « au bout », et plus seulement de défendre leurs idées. Une nouvelle maturité ?

J’interroge ce terme : on pourrait définir la maturité politique comme l’affirmation d’une rupture avec le modèle présidentiel façon Ve République. Or les candidat·es, dans leur ensemble, exposent à la fois toute la palette des écologies françaises, du centre à la gauche de la gauche – hors droite et extrême droite –, mais aussi toutes les facettes de la perception du rôle présidentiel.

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