Université d'été des mouvements sociaux : Partages d’espérances

Syndicalistes, écologistes et altermondialistes, unis face à la crise climatique et les multinationales : l’alliance « Plus jamais ça » a connu le succès à l’université d’été des mouvements sociaux.

C’est de loin l’agora la plus fréquentée, dans les interstices du riche programme de près de 200 ateliers, forums et activités culturelles : la berge enherbée qui borde la Loire, exposée au soleil du matin au soir. L’université d’été des mouvements sociaux, tenue du 24 au 28 août, avait choisi le site de l’École nationale supérieure d’architecture, sur l’Île-de-Nantes, pour son édition 2021, et les quelque 1 800 participant·es manifestent leur plaisir de se retrouver, après l’overdose de visioconférences et l’annulation de la rencontre l’an dernier, imposées par la situation sanitaire.

Plus de 440 syndicats, associations et mouvements sont représentés, avec une sérieuse envie d’en découdre : le recul des droits fondamentaux et des libertés publiques s’est accentué, mis à mal par la gestion de la pandémie ; la précarité ainsi que les inégalités économiques et sociales se sont accrues alors que les profiteurs de tout poil se sont enrichis. Une thématique se détache, dans le programme : les actions et stratégies des mouvements sociaux. Si l’année 2022, avec ses élections présidentielle et législatives, est l’occasion de réfléchir à la manière de peser sur les écuries politiques, c’est d’abord une mise à niveau sur les événements des derniers mois qui s’impose, et singulièrement sur la montée en puissance de l’alliance « Plus jamais ça ».

Le 18 janvier 2020, pour la première fois, quatre syndicats (Confédération paysanne, CGT, FSU, Solidaires) s’associaient à quatre organisations écologistes et altermondialistes (Amis de la Terre, Attac, Greenpeace et Oxfam) pour appeler à la reconstruction d’un monde de justice sociale et environnementale, rejoints depuis par une vingtaines d’autres structures proches (1). « Au sortir du mouvement des gilets jaunes et d’une année de manifestations climat, nous avons voulu manifester la volonté d’articuler nos mobilisations pour faire face à des adversaires communs mais aussi pour une remise en cause radicale du système économique et social », explicite Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac. « Avec la crise sanitaire, les urgences sociales et environnementales se sont constamment rappelées à nous, et avec elles l’absolue nécessité de dépasser nos clivages pour travailler ensemble », reconnaît Marie Buisson, dirigeante confédérale de la CGT. « Même à l’échelle syndicale, nous n’avions jamais été capables d’un tel rapprochement », salue Simon Duteil, codélégué général de l’union syndicale Solidaires.

Passant sur des points de divergence internes (nucléaire, taxe carbone, entre autres), le collectif présentait à Nantes un « Plan de rupture sociale, écologique et solidaire » de 36 propositions (2) coélaborées avec une trentaine de collectifs locaux « Plus jamais ça » spontanément constitués autour d’une lutte ou de la défense d’une entreprise. Fin mai, plusieurs dizaines de cheminot·es et de militant·es se rassemblaient à Perpignan et devant le ministère des Transports pour exiger du gouvernement qu’il réactive, comme promis, le train Perpignan-Rungis de transport de primeurs, arrêté en 2019 en raison de la concurrence de la route, qui génère 10 000 trajets de camions supplémentaires par an. Des coalitions se sont constituées à Paris et à Toulouse, autour de personnels de l’aérien notamment, pour « Penser l’aéronautique pour demain ». Un groupe « Stop Amazon 44 », créé en Loire-Atlantique, frappe à la porte de Plus jamais ça. Par son appui, le collectif national a permis le lancement de la Coop des masques, coopérative créée il y a un an à l’initiative de citoyen·nes, d’associations et de syndicalistes des Côtes-d’Armor pour relocaliser la production de masques sanitaires avec une attention à l’impact environnemental et à l’utilité publique, alors que la France en était réduite à importer massivement de Chine.

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