« Les Brebis noires de Dieu » : Au-delà des chapelles

Roman inédit de Claude McKay, Les Brebis noires de Dieu est un portrait caustique de l’activisme africain-américain des années 1930.

Au départ, il y a un psaume de la Bible ayant donné lieu, comme souvent, à de nombreuses interprétations. « Des princes sortiront d’Égypte, l’Éthiopie bientôt tendra ses mains vers Dieu. » Ce psaume, diffusé avec la parution de la Bible en anglais dite de King James, est à l’origine d’un mouvement, l’éthiopianisme, branche d’un programme politique plus vaste, le panafricanisme.

Dès la fin du XVIIIe siècle, presque partout dans les -Amériques anglophones, -l’Éthiopie, terre africaine autonome, fait figure d’exemple. Le pays est érigé en symbole d’un peuple noir libre, exempt du joug colonial, un guide pour l’avenir du continent africain et des communautés noires à travers le monde. La prophétie est divine, l’Afrique renaîtra de ses cendres, les Noirs du monde entier retrouveront leur gloire d’antan et, dans cette -entreprise, l’Éthiopie sera leur guide.

Alors, lorsqu’en 1935 les troupes de Mussolini tentent de s’emparer du pays, de vives réactions se font entendre parmi les communautés de la diaspora. À New York, on dénonce la complicité de la Société des Nations, on redoute l’avancée du fascisme et on invoque le socialisme comme une arme dans la lutte contre l’impérialisme. À Harlem, on fonde des associations de soutien, notamment et surtout l’Ethiopian World Federation, on crée des organes de presse et on songe même à envoyer des combattants pour rejoindre les troupes de l’empereur Haïlé Sélassié.

Cette Harlem, les yeux rivés sur les guerres d’Éthiopie, est au cœur du dernier roman de Claude McKay, écrivain et poète phare de la Harlem Renaissance. Roman écrit en 1941, perdu puis retrouvé, longtemps resté inédit avant d’être publié, il est aujourd’hui disponible en français et constitue le troisième opus d’une collection prometteuse consacrée à l’anthropologie. Fable caustique en même temps que fresque sociale et politique, le roman est une belle introduction à l’œuvre de McKay et à son regard sur la société américaine, teinté d’engagements et de cynisme.

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