Alain Damasio : « On est passé de Big Brother à Big Mother »

L’auteur de science-fiction Alain Damasio analyse le système de surveillance actuel et ses ressorts insidieux à l’heure du numérique.

Barnabé Binctin  • 23 novembre 2021 abonné·es
Alain Damasio : « On est passé de Big Brother à Big Mother »
© SOEREN STACHE-/dpa-Zentralbild/dpa Picture-Alliance/AFP

Maître de la science-fiction française, Alain Damasio a fait de la société de contrôle l’un des sujets majeurs de son œuvre. Il analyse ici comment le numérique nous a fait entrer dans un « régime de traces » qui conditionne nos actions. Il s’interroge aussi sur les raisons de notre consentement au contrôle et sur les façons d’affirmer réellement notre liberté.

Dès votre premier roman, La Zone du Dehors (1999), la question de la surveillance s’impose comme un thème omniprésent. D’où vient cette obsession ?

Alain Damasio : Je me suis moi-même souvent demandé pourquoi j’avais emporté mon tout premier livre vers ces enjeux… Quand j’en ai entamé l’écriture, en 1992, le grand public n’avait pas encore accès aux réseaux informatiques, et les caméras de vidéosurveillance n’étaient pas omni-présentes comme aujourd’hui. Pourtant, j’étais halluciné par leur sporulation, déjà, dans le métro parisien. Cela tient sûrement à mes lectures de Deleuze et Foucault, qui ont été des grandes rencontres intellectuelles. Mais cela s’explique aussi, comme souvent, par des -raisons plus personnelles, voire psychanalytiques : j’ai grandi dans une

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Société Politique
Temps de lecture : 12 minutes