De la critique des politiques migratoires à la revendication de la liberté de circulation

L’Union européenne se rend complice des traitements inhumains que subissent les migrants en les refoulant hors de ses frontières, par une politique de surcroît inefficace et coûteuse.

La politique dite de « maîtrise des flux migratoires » menée par la France et l’ensemble des pays européens depuis plus de quarante ans est confortée, depuis l’entrée en vigueur du traité d’Amsterdam en mai 1999, par une politique européenne commune qui vise à maintenir à tout prix à distance des frontières de -l’Europe les personnes originaires des pays du Sud, y compris celles qui fuient leur pays à la recherche d’un refuge.

Sont sacrifiés à cette politique des droits aussi fondamentaux et absolus que le droit de quitter son pays, le droit d’asile, le droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants, et même le droit à la vie. Ces violations sont amplifiées par les dispositifs d’externalisation mis en place par l’Union pour à la fois repousser toujours plus loin le cordon sanitaire destiné à protéger l’Europe des flux de migrants et reporter sur les États tiers la responsabilité de sa politique d’immigration et d’asile.

L’enfermement est devenu un élément constitutif des politiques migratoires, réduisant à peu de chose le droit à la liberté et à la sûreté. Tous les pays d’Europe se sont dotés de législations qui permettent de priver les étrangers de liberté pendant des mois pour faciliter leur renvoi. Dans les hotspots créés aux frontières de l’Europe pour trier les migrants – notamment dans les îles grecques à la suite de l’accord UE-Turquie de 2016 –, des dizaines de milliers de personnes sont parquées et survivent dans des conditions indignes. Il y a aussi les innombrables camps qui pullulent à l’extérieur des frontières de l’Union – conséquence directe de l’externalisation –, dont les occupants sont exposés à subir toutes formes de traitements inhumains et dégradants.

Le droit à la liberté et à la sûreté est réduit à peu de chose.

L’effectivité du droit d’asile est de la même façon compromise. En verrouillant l’accès à leur territoire, les pays européens interdisent à ceux et celles qui en ont besoin la possibilité de trouver une terre d’accueil, tandis qu’ils -s’efforcent parallèlement de délocaliser la protection des réfugiés dans les pays tiers. L’attitude de l’Union européenne face à la crise afghane le démontre, hélas, jusqu’à la caricature : l’objectif est clairement d’encourager l’accueil des réfugiés dans les pays riverains – le Pakistan, mais aussi l’Iran, l’Ouzbékistan ou le Tadjikistan –, auxquels elle se dit prête à apporter toute l’aide financière nécessaire plutôt que de devoir accueillir des Afghans.

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