Garantir nos droits

Depuis des décennies, les libertés publiques ou fondamentales sont en recul en France. À la Ligue des droits de l'Homme et à Politis, il nous tient à cœur d’adopter un point de vue offensif par rapport à ces régressions.

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État d’urgence, sécurité globale, doctrine du maintien de l’ordre, chaîne pénale, fichiers, séparatisme… Ces notions, toutes liées à des législations ou des dispositifs liberticides, s’imposent dans notre quotidien. Signe des temps, où le lexique du ministère de l’Intérieur domine les esprits. Où les discours sur l’État se focalisent sur ses fonctions répressives. Où le « droit à la sûreté » proclamé par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, protégeant les personnes contre les empiétements arbitraires des gouvernements, est oublié et remplacé par un fictif « droit à la sécurité » qui autorise toutes les mesures policières.

Depuis des décennies, les libertés publiques ou fondamentales sont en recul en France. S’il s’enracine dans les années 1980, ce mouvement régressif et de surveillance généralisée s’est accéléré il y a une vingtaine d’années, après le 11 septembre 2001. Ce qui correspond à peu près à l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur. Se sont accumulées des lois sécuritaires à l’efficacité non prouvée, créant de nouveaux délits et participant à la propagation d’un -climat de menace diffuse, tandis que croissaient les violences policières. Les tragiques attentats que la France a connus à partir de 2015 ont été le prétexte à un renforcement de l’arsenal répressif. Les atteintes aux libertés justifiées par la pandémie de covid-19 n’ont rien arrangé à l’affaire.

Adopter un point de vue offensif.

Pour autant, ce numéro n’est pas destiné à déplorer une situation ou à susciter l’effroi. Si nous avons ressenti la nécessité – nous, c’est-à-dire la Ligue des droits de l’Homme et la rédaction de Politis – de nous associer pour réaliser ce hors-série sur les libertés fondamentales, c’est bien sûr à partir du constat commun que celles-ci étaient attaquées, et que la tendance n’avait en rien été inversée ces dernières années, bien au contraire. Aussi, à quelques mois de l’élection présidentielle, se dessine au fil de ces pages une forme de bilan critique du quinquennat d’Emmanuel Macron sur ce sujet. Mais il nous tenait à cœur d’adopter un point de vue offensif par rapport à ces régressions, et de contribuer au « combat vital » en faveur des libertés fondamentales qu’il nous semble urgent de mener. C’est pourquoi les différents contributeurs et contributrices de ce numéro, que nous remercions vivement, ne se sont pas contentés de procéder à l’examen de nos libertés abîmées et de notre démocratie mal en point, mais avancent une somme de propositions, d’orientations nouvelles, de chemins à suivre propres à changer la donne. Il conviendrait de faire en sorte qu’ils ne restent pas lettre morte. Du côté des responsables politiques, bien sûr. Mais aussi pour ce qui nous concerne tous et toutes.

« Nous avons à garantir nos droits. La Déclaration de 1789 engage chacun de nous à exercer avec vigilance nos droits de citoyens. Personne ne protégera mieux nos libertés que nous-mêmes. » Ainsi s’exprimait Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, à la mémoire duquel ce numéro est dédié.


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