Les records, nouvelle norme climatique

Les climatologues commencent à s’intéresser au phénomène des extrêmes de température.

Politis  • 26 janvier 2022
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Les records, nouvelle norme climatique
© Paul Kane/GETTY IMAGES ASIAPAC/Getty Images/AFP

Dans la ville sud-africaine du Cap, le thermomètre vient d’afficher 45,2 °C : le maximum historique précédent (2015) est pulvérisé de près de 3 °C. Il y a deux semaines, Onslow, en Australie, enregistrait un bond à 50,7 °C. Et les esprits resteront marqués par le « dôme de chaleur » qui a rendu incandescent le Nord-Est canadien au-delà du 50e parallèle, en juin 2021 : 49,6 °C à Lytton, village englouti peu après par les feux de forêt.

Le réchauffement planétaire prend peu à peu corps dans nos perceptions par le calcul des moyennes annuelles de températures, qui livrent le bilan des oscillations saisonnières. Vingt et une des vingt-deux dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées depuis 1880, quand on a commencé à disposer de relevés pour toute la planète. Et au sommet, les huit -dernières, 2021 comprise, soulignant une accentuation dans le dépassement des moyennes.

Cependant, les climatologues commencent à s’intéresser de près au phénomène des extrêmes de température, bien plus percutants pour les organismes et les mémoires que des moyennes annuelles (de + 0,95 °C à + 1,23 °C entre 2014 et 2021). Et la fréquence des records s’accélère. L’an dernier, une centaine de pays ont enregistré de nouvelles bornes hautes pour au moins un mois dans l’année. Et une étude relève que, sur 458 records régionaux battus, à peine 54 concernaient des froids extrêmes. Une équipe de l’École polytechnique fédérale de Zürich a mouliné les données : la probabilité pour que des records de chaleur soient battus de 3 °C, aux latitudes nord moyennes, est d’environ 25 %.

Écologie
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