Après « Barkhane », quid de la « Françafrique » ?

Faute d’être parvenue à assurer une vraie sécurité, la présence française y était de plus en plus contestée.

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Il était devenu de plus en plus difficile de rester au Mali pour l’armée française (et les autres forces armées européennes). Après environ neuf ans, l’opération « Barkhane », nom de ce déploiement dans une demi-douzaine de pays du Sahel – « pré carré » historique d’influence française – supposé lutter contre les groupes armés jihadistes dans cette immense région désertique depuis 2013, a démontré son échec. Faute d’être parvenue à assurer une vraie sécurité, la présence française y était de plus en plus contestée par la population, entre vieux réflexe anticolonial et exigence sécuritaire contre la prise de contrôle de vastes pans de territoire par des milices islamistes faisant régner terreur et prédations. Les récents coups d’État militaires dans nombre de ces États du Sahel, soutenus – paradoxalement ? – par une bonne partie de leurs populations contre la présence militaire étrangère, traduisent bien cette volonté de reprise de souveraineté et l’impasse de « Barkhane ». D’où les récentes manifestations populaires de soutien aux militaires putschistes, prêts à s’allier à une autre puissance, la Russie, en l’occurrence via le groupe de mercenaires russes « Wagner », espérant sans doute une réponse plus musclée à la menace jihadiste… Mais nous assistons peut-être aujourd’hui à la fin d’une certaine « Françafrique », qui reposait sur une « coopération militaire » avec ces États soumis de facto à leur ancienne puissance coloniale. Pour se mettre entre les mains, plus autoritaires encore, comme la Russie ou la Chine ?


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