Portugal : Costa, un triomphe à la Mitterrand

Le Premier ministre portugais a remporté les législatives avec la majorité absolue.

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C’est avec la majorité absolue que le Premier ministre António Costa a remporté les législatives anticipées dimanche 30 janvier. Une victoire magistrale : le socialiste se débarrasse d’encombrants alliés et distance largement le Parti social-démocrate (centre droit), qui semblait pourtant au coude-à-coude avec le Parti socialiste.

Costa se confirme comme manœuvrier politique hors pair, à l’image d’un Mitterrand. Alors que la droite est en tête, en 2015, il décroche le poste de Premier ministre en scellant une alliance inédite avec la gauche radicale : les député·es du Bloc de gauche (BE) et la Coalition démocratique unitaire (CDU, Parti communiste portugais et Verts) lui assurent un soutien « critique » sans entrer au gouvernement. Costa est reconduit en 2019, mais l’attelage se fissure en octobre dernier : ses alliés jugent le budget 2022 insuffisant (investissements, mesures sociales) et refusent de le voter, précipitant des législatives anticipées. Le pari politique est un échec : Costa, en position de force, convainc l’électorat de lui donner une majorité « stable » pour poursuivre son action. Il a stabilisé l’économie, desserré en partie le joug de la terrible austérité imposée par la droite jusqu’en 2015, et bien géré la crise covid. La CDU et surtout le BE s’effondrent, passant de 31 sièges à 11 (sur 230). Conséquence très « mitterrandienne » de l’appel au « vote utile » pour le PS, et de la division à droite : l’extrême droite bondit. Inexistante en politique depuis la chute de la dictature salazariste en 1974, elle devient le troisième parti du pays. Créé en 2019, le parti Chega (« Ça suffit ») comptait un seul député, il en a désormais 12, et 12 % des voix.


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