Festival de films de femmes : De l’amour dans le genre

Le Festival international de films de femmes propose un focus sur les réalisatrices de thrillers, fantastique, SF… et un hommage à Susan Sontag.

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Annulé en 2020, contraint à une édition 100 % virtuelle en 2021, le Festival international de films de femmes – qui se déroule à Créteil depuis 1979 – effectue son grand retour dans le monde réel en déployant une engageante bannière programmatique : « À nos amours ».

« Ce credo traduit d’abord un axe thématique fort de plusieurs sections, mais il exprime aussi la joie des retrouvailles en adressant une déclaration d’amour au public et au cinéma en salle, explique Jackie Buet, directrice du festival. C’est la manifestation de notre élan vital. Depuis le début, mon enthousiasme n’a jamais fléchi, d’autant que les réalisatrices sont apparues de plus en plus nombreuses au fil des années et ont acquis une vraie reconnaissance, même s’il reste du chemin ».

La montée en puissance des femmes dans le cinéma a trouvé récemment une illustration éclatante en la personne de Julia Ducournau, qui a reçu la Palme d’or en 2021 pour son deuxième long-métrage, Titane. Le festival a ainsi la bonne idée de consacrer cette année une section « Elles font genre » aux réalisatrices qui œuvrent dans le cinéma de… genre (film noir, fantastique, SF, etc.), ce mot prenant ici un savoureux double sens. On y trouve une rétrospective consacrée à Lucile Hadzihalilovic, un superbe thriller d’Ida Lupino (Le Voyage de la peur, 1953), le (vampirique) deuxième long-métrage de Kathryn Bigelow (Aux frontières de l’aube, 1987) et plusieurs films en avant-première, dont Medusa, de la Brésilienne Anita Rocha da Silveira.

S’inscrivant dans la continuité du travail en profondeur mené par la manifestation culturelle sur l’histoire du cinéma, l’hommage à Susan Sontag constitue un autre point saillant de cette édition 2022. Connue avant tout comme essayiste et romancière, Susan Sontag, grande figure féminine, très engagée sur les plans à la fois artistique et politique, a également réalisé des films. Cinq sont présentés ici, parmi lesquels Duo pour cannibales (1969), trouble long-métrage de fiction, et Introduction à Pina (1984), documentaire consacré à Pina Bausch.

Le festival offre par ailleurs un beau coup de projecteur aux cinéastes chinoises contemporaines via un panorama de seize films (six longs-métrages de fiction, six documentaires et quatre courts-métrages). « À travers cette section, nous irons voir derrière la grande muraille médiatique officielle ce que vivent, pensent et revendiquent les jeunes femmes d’aujourd’hui en Chine », promet Jackie Buet.

S’ajoutent encore les rituelles compétitions, une section jeune public et une soirée de soutien aux réalisatrices afghanes, illustrée par le long-métrage Hava, Maryam, Ayesha (2019), de Sahraa Karimi.

En complément des nombreuses projections en salle, une petite partie du programme (notamment deux films de Susan Sontag) sera accessible en ligne par le biais de la plateforme Festival Scope.

44e Festival international de films de femmes, du 11 au 20 mars, filmsdefemmes.com


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