Grandeur du petit écran

La Cinémathèque de Toulouse et l’INA honorent la production télévisuelle française la plus exigeante.

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Malgré ce que de (trop) nombreuses chaînes nous donnent à penser, la télévision n’est pas forcément vouée à l’abêtissement des masses. Au contraire, employée à bon escient, elle peut se révéler un précieux outil d’apprentissage, stimulant la créativité des personnes qui la fabriquent autant que la curiosité de celles qui la regardent.

Par le passé, la production télévisuelle française a (parfois) su se hisser à la hauteur de ce noble objectif, comme le montre le cycle Télévision et expérimentation, proposé par la Cinémathèque de Toulouse, en binôme avec l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Son matériau provient de deux sources distinctes mais intimement liées : le service de la recherche de l’ORTF – créé en 1960 sous la direction de Pierre Schaeffer (expérimentateur patenté) puis dissous en 1974 – et la direction des programmes de création et de recherche (DPCR) – apparue en 1975 au sein du tout nouvel INA et chargée, dans la continuité du service de la recherche, de développer des propositions cathodiques originales –, son activité ayant pris fin en 2000.

Focalisé sur la période 1960-1989, le cycle réunit près de cinquante productions diverses : fictions, documentaires, œuvres d’animation, spots vidéo (du chorégraphe Robert Wilson), émissions réflexives et autres tentatives.

Plusieurs cinéastes d’envergure se trouvent au programme, dont Chris Marker – avec La Jetée (1967), « photo-roman » d’anticipation à l’inépuisable puissance vertigineuse (photo) –, Chantal Akerman – avec L’Homme à la valise (1983), singulier prototype de film en chambre – et Raoul Ruiz – avec De grands événements et des gens ordinaires (1983), documentaire tournant librement autour de son sujet (les élections législatives dans le onzième arrondissement de Paris).

Parmi les (re)découvertes marquantes, citons Mais qu’est-ce qu’elles veulent ? (1977), palpitant documentaire de Coline -Serreau recueillant les témoignages de femmes de milieux socioculturels variés ; Je, tu, elles… (1969), de Peter Foldes, jubilatoire objet audiovisuel halluciné ; et La Brûlure de mille soleils (1966), de Pierre Kast, court-métrage -d’animation poético-futuriste.

Se détache aussi le premier épisode de la légendaire série animée Les Shadoks, diffusé le 29 avril 1968. Du côté des émissions, sont notamment représentées Vocations, Réalité-fiction et Les Enthousiastes, toutes trois conçues par Jean Frapat, éminent producteur de télévision à l’esprit très prospectif.

L’ensemble offre un bel aperçu de la création audiovisuelle la moins formatée, ouvrant grand le champ des possibles sur petit écran.


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