L’imposture sociale de Marine Le Pen

Le pouvoir d’achat est au cœur de la campagne de la candidate du Rassemblement national. Elle affirme défendre un programme en direction du peuple, alors même qu’elle reste fidèle à l’idéologie libérale.

Lucas Sarafian  • 29 mars 2022 abonné·es
L’imposture sociale de Marine Le Pen
© Les Films de Pierre

Dans cette nouvelle phase de sa banalisation, Marine Le Pen n’a plus qu’un mot à la bouche : le pouvoir d’achat. « Je vais tout faire pour rendre encore une fois du pouvoir d’achat à l’ensemble des Français. » « Je rendrai entre 150 et 200 euros par mois et par ménage. » « Je veux rendre leur argent aux Français. »

La candidate du Rassemblement national ne parle quasi exclusivement, du moins en apparence, que de cela. Faisant presque passer au second plan les vieilles antiennes de son parti sur la priorité (ou préférence) nationale, l’identité française, l’immigration incontrôlée et le « dépeuplement » ou la fin du droit du sol. La petite musique historique de l’extrême droite aurait-elle changé ? Le choix, dès l’automne, d’axer sa campagne sur le pouvoir d’achat s’est en tout cas révélé efficace. La fille de Jean-Marie Le Pen, un temps menacée par Éric Zemmour, le devance largement dans les sondages, qui la qualifient pour le second

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Cinéma
Temps de lecture : 8 minutes