Macron se défile devant le débat

Davantage président que candidat, Emmanuel Macron adopte une stratégie d’esquive imaginée il y a déjà plusieurs mois. Une campagne a minima que la guerre en Ukraine pare de nécessité.

Cette fois, c’est dit. Candidat, Emmanuel Macron se défile. Il se défend de se dérober au débat, mais refuse toute confrontation avec ses concurrents. Un « en même temps » peu compatible avec les attentes des électeurs dans une démocratie moderne, à l’approche d’une échéance comme l’élection présidentielle. Si la guerre en Ukraine ne lui permet pas, on en convient aisément, d’être candidat à temps plein, la décision de se placer d’emblée en surplomb de ses concurrents n’a surpris aucun observateur.

Fin janvier, déjà, l’entourage du Président susurrait aux oreilles de quelques journalistes en cour que le pas-encore-candidat ne souhaitait pas débattre avec ses rivaux d’ici au 10 avril. Ce dont Politis s’était alarmé. Ces derniers jours, des voix autorisées comme Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, dimanche soir sur TF1, expliquaient sous couvert d’« avis personnel » que le « Président-candidat » avait mieux à faire que de se confronter à ses adversaires dans une émission qui serait « une foire d’empoigne » et « du spectacle ». Emmanuel Macron a confirmé lundi soir, à l’issue d’une « conversation » avec des habitants de Poissy (Yvelines), qu’il « ne ferait pas de débat avec les autres candidats avant le premier tour ». Un choix assumé, fondé – il ne s’en cache pas – sur un privilège que lui procure son statut. « Aucun président en fonction qui se représentait ne l’a fait, argue-t-il. Je ne vois pas pourquoi je ferai différemment du Général de Gaulle, de François Mitterrand, de Jacques Chirac ou de Nicolas Sarkozy. »

En guise d’explication, le candidat-Président adopte la mystique de la Ve, qui voudrait que l’élection présidentielle soit la rencontre d’un homme avec les Français : « Plutôt que de faire des meetings où des gens vous applaudissent parce qu’ils sont déjà convaincus, je préfère le débat avec les Français, c’est ce que je leur dois. » Sauf qu’en arrivant à Poissy une heure et demie plus tôt, Emmanuel Macron avait eu droit à une longue standing-ovation. Comme dans n’importe quel meeting de campagne. Et si ce n’en était pas tout à fait un, la conversation avec ces citoyens n’avait rien de « spontané » comme l’a révélé France Inter. Participants triés sur le volet par le maire ex-LR Karl Olive, acquis à sa candidature, questions écrites en amont et en rien dérangeantes… Nous étions au théâtre. Avec, au centre de la scène, un acteur au statut indéterminé.

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