Dossier : Battre Le Pen maintenant, combattre Macron demain

Aurélie Trouvé : « Les législatives ? Une chance de se sortir du choix du second tour »

Aurélie Trouvé estime que la gauche peut devenir majoritaire à l’Assemblée nationale. À condition de rassembler dans le respect les forces écologiques, populaires, sociales…

Aurélie Trouvé se désespère de l’affiche du second tour de la présidentielle, qui oppose « l’extrême marché » à « l’extrême haine ». Mais, même si le candidat de La France insoumise a de peu raté le coche, elle estime que la gauche peut encore l’emporter dès les législatives, les 12 et 19 juin prochains. Selon l’ex-porte-parole d’Attac et actuelle présidente du parlement de l’Union populaire, qui réunit des personnalités du monde syndical, associatif et culturel autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, les bons scores du troisième homme de cette présidentielle portent en eux deux enseignements : les électeurs ont choisi une gauche « de rupture avec le système », qui serait en mesure de devenir majoritaire à l’Assemblée nationale. À condition de créer une alliance entre les différents partis pour cette prochaine échéance électorale. Mais pour être unis, encore faut-il s’entendre.

Les Français sont désormais confrontés au duel Macron-Le Pen. Et la tentation du chaos est bien présente parmi les électeurs pour qui Emmanuel Macron est un repoussoir, au même titre que Marine Le Pen. Trouvez-vous cette réaction -légitime ?

Aurélie Trouvé : Je la comprends évidemment. Pour ceux qui ont mis un bulletin Jean-Luc Mélenchon dans l’urne le 10 avril, il y a énormément de déception car on a manqué de peu d’accéder au second tour. Et tous les Français de gauche se retrouvent aujourd’hui face à une triste alternative : l’extrême marché ou l’extrême haine. L’extrême droite ou celui qui a participé à sa montée. Pendant cinq ans, les musulmans ont été stigmatisés, des lois sécuritaires sont passées, nous avons subi une forte répression des mouvements sociaux, sans parler des attaques contre les services publics ni de l’aggravation des tensions sociales. Emmanuel Macron porte une très forte responsabilité dans la réussite électorale de l’extrême droite. Mais renvoyer dos à dos le président sortant et la candidate du Rassemblement national est, à mon sens, une méprise. Marine Le Pen n’est pas Emmanuel Macron. Elle est encore pire. Au-delà d’une politique antisociale, elle est porteuse d’une politique raciste qui remet en cause l’État de droit. Si elle est élue, il y a le risque de subir, en France, les expériences que nous observons à l’étranger, là où les démocraties sont attaquées : Orban en Hongrie, Trump aux États-Unis ou Bolsonaro au Brésil.

Que ferez-vous le 24 avril ?

En tant que présidente du parlement de l’Union populaire, je ne donnerai pas de consigne de vote. Le mot d’ordre de l’Union populaire, c’est : « Pas une voix pour Marine Le Pen ». Pour les électeurs de gauche, l’extrême droite ne peut pas être une option, quelle qu’en soit la raison.

Le programme de L’Avenir en commun doit être le centre de gravité de la future unité.

Le 10 avril, Jean-Luc Mélenchon n’accède pas au second tour, mais La France insoumise, à travers l’Union populaire, est désormais hégémonique à gauche, et de loin. Quelle responsabilité portez-vous désormais ?

Les résultats du premier tour nous apprennent une chose : La France insoumise est désormais le barycentre du paysage à gauche. Ce vote montre un choix politique clair. La gauche actuelle – mais aussi celle de demain – doit assumer une bifurcation écologique, défendre la justice sociale et proposer une refondation démocratique. À nous désormais de porter cette ligne de rupture avec le système au pouvoir et de construire une réelle alternative à la droite et à l’extrême droite.

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