Gouvernement à irresponsabilité illimitée

Si le virus circule dimanche prochain, ce ne sera évidemment pas la faute des électeur·trices.

Cet article est en accès libre. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas se financer avec la publicité. C’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance : achetez Politis, abonnez-vous.


On pourrait l’oublier, car depuis quelque temps on l’a surtout vu se livrer (1) à de la retape pour le candidat Macron. Mais Gabriel Attal est toujours, et pour quelques semaines encore, porte-parole du gouvernement.

C’est à ce titre – et sous cette casquette – qu’il vient de faire cette bouleversante déclaration : « Voter est un droit constitutionnel, donc rien ne saurait interdire à une personne d’aller voter. » Monsieur est trop bon.

Puis, juste après, il a rappelé qu’« il n’y aura pas de passe sanitaire, de passe vaccinal, ou de test exigé pour aller voter, à l’entrée des bureaux de vote », puis a lancé « un appel à la responsabilité individuelle » des électeurs et électrices, en demandant plus spécialement aux personnes contaminées par le covid dans les jours précédant le scrutin de « porter un masque » lorsqu’elles iront voter, nonobstant que ce port n’est plus obligatoire dans les lieux clos depuis le 14 mars.

Le message du gouvernement reste donc inchangé depuis l’époque déjà lointaine où Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, nous expliquait par exemple – et en substance –, dans les premiers mois de la pandémie, que les étudiant·es se contaminaient dans des soirées privées, et pas du tout dans les facs où le gouvernement les laissait peu ou prou sans protection – et ce message est que, si nous attrapons le covid en allant voter, ce sera encore une fois de notre faute, parce que nous n’aurons pas été suffisamment responsables.

Sauf que, bien sûr – et comme toujours avec les macronistes –, la vérité est tout autre. La vérité est que, depuis que ce gouvernement dont M. Attal est le porte-parole, ignorant les mises en garde qui lui étaient adressées, a levé le mois dernier les mesures qui nous protégeaient individuellement et collectivement contre le virus – comme le port du masque –, l’épidémie, sans surprise, rebondit. Gravement. En quatre jours seulement, entre le 29 mars et le 1er avril, 704 444 personnes ont ainsi été contaminées par le covid-19 et 515 en sont mortes.

De sorte que, si le virus circule dimanche prochain – et quinze jours plus tard, pour le second tour – dans les bureaux de vote, ce ne sera évidemment pas la faute des électeurs et électrices, contaminé·es ou pas. Mais bien parce qu’un régime qui s’est de longue date constitué une spécialité de n’assumer aucun de ses manquements (2) aura fait le choix délibéré, et mortifère, de nous surexposer à une épidémie dont il savait parfaitement qu’elle allait rebondir et faire encore, toutes les semaines, plusieurs centaines de milliers de victimes – qui n’en meurent pas toutes, mais qui en sont toutes plus ou moins durement et durablement frappées.

(1) Sur son temps de travail, semble-t-il – et à nos frais, puisque c’est nous, rappelons-le, qui payons collectivement son salaire, comme celui de tou·tes les ministres.

(2) Mais d’en imputer plutôt la responsabilité à celles et ceux qui en subissent les terribles conséquences.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.