« La gauche ne gagne que lorsqu’elle est rassemblée »

L’accord entre LFI et EELV doit beaucoup à la montée de jeunes militants pour qui l’écologie est le centre de gravité à gauche.

Patrick Piro  et  Michel Soudais  et  Erwan Manac'h  et  Hugo Boursier  • 4 mai 2022 abonné·es
« La gauche ne gagne que lorsqu’elle est rassemblée »
© Claire Serie / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le score de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle a résonné comme une puissante aspiration à l’unité. C’est ainsi que l’ont entendu toutes les composantes de cette gauche, nécessairement plurielle, qui sont parvenues à ficeler un accord historique en vue des législatives de juin prochain. Au menu, des convergences sur un tronc programmatique commun, et de nécessaires concessions de part et d’autre, à commencer par LFI, qui a su résister à la tentation hégémonique.

« Une convergence écologique et sociale »

Eva Sas Porte-parole EELV, conseillère politique de Yannick Jadot

« Nous avons entendu l’appel des électeurs de gauche, il est extrêmement clair : ils veulent un accord qui mette fin à des divisions qu’ils jugent insupportables. Et nous savions qu’un accord serait possible sur un certain nombre de points de programme. Mais, dans le passé, nous n’avons eu que de rares moments de travail sur des projets communs.

Globalement, il y a une convergence écologique et sociale très importante, prometteuse d’une alliance solide. C’est extrêmement positif et générateur de cette dynamique qu’espèrent les électeurs, qui est en mesure de donner une voix écologique et de gauche forte à l’Assemblée nationale. C’est à l’évidence une bonne nouvelle : nous voilà de nouveau en capacité d’influencer le débat public, alors que la division nous rendait inaudibles.

Ce qui a permis de débloquer les négociations, c’est de constater que LFI n’était pas dans une logique d’absorption d’EELV, comme le montre le nom de notre bannière commune, qui exprime une coalition. Ensuite, l’accord affirme clairement la volonté de ne pas sortir de l’UE, ainsi que le respect de l’état de droit, points fondamentaux pour nous. Si nous gardons sans doute des visions différentes de la construction de l’UE, LFI a montré un assouplissement de sa position initiale.

Certes, nous ne sommes pas favorisés par les investitures législatives dans certains territoires où nous avions une forte implantation, comme le Nord, la Bretagne ou certaines banlieues. C’est une insatisfaction, mais toute négociation implique des concessions. C’était une étape difficile à traverser, mais elle est constructive. Et il ne faut pas en rester là : nous souhaitons le plus large rassemblement possible. Nous avons notamment influé pour que le PS soit invité aux négociations. »

« La gauche est loin d’avoir disparu »

Ian Brossat Porte-parole de PCF

« Nous sommes très heureux que l’union se construise car c’est le seul moyen pour recréer l’espoir. Ce que l’on espère au sein de cette Nouvelle union populaire, écologique et sociale, c’est la victoire : car la gauche est loin d’avoir disparu en France. Les résultats de la présidentielle l’ont montré. Tout comme les élections

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