« Le Jeune Homme » : Annie Ernaux en toutes lettres

Le Jeune Homme est un récit où le rôle du temps est majeur, tandis que le « Cahier de l’Herne » convainc par sa richesse.

I l me vouait une ferveur dont, à cinquante-quatre ans, je n’avais jamais été l’objet de la part d’un amant. » En trente pages, Annie Ernaux raconte dans Le Jeune Homme cinq ans d’une relation en tous points inégale. Au gré d’une écriture compacte, aux ellipses radicales, riche de détails significatifs et de sentences implacables, ce texte, dans la droite ligne de son œuvre, est celui des renversements : Annie Ernaux y est la dominante, après avoir toujours été la dominée ; le passé semble revenir devant elle, à la manière d’un présent déjà vécu, une répétition de ce qu’elle a connu quand elle était elle-même étudiante. Le temps est donc un élément majeur de ce livre, pas seulement la différence des âges, mais aussi la prégnance du souvenir, ou encore cette perspective vertigineuse : « Que cette longue mémoire du temps d’avant sa naissance à lui soit en somme le pendant, l’image inversée, de celle qui serait la sienne après ma mort, avec les événements, les personnages politiques, que je n’aurai jamais connus, cette pensée ne m’effleurait pas. »

Il reste 60% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 5€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.