Pour la Nupes, s’affranchir des règles européennes, un « plan B » possible mais risqué

La France insoumise et ses nouveaux alliés assument être prêts à « désobéir à des règles européennes »pour appliquer leur programme. Le choix du terme cristallise les polémiques tandis que les experts doutent de la stratégie adoptée.

Mélodie Taberlet  • 10 mai 2022 abonné·es
Pour la Nupes, s’affranchir des règles européennes, un « plan B » possible mais risqué
© Andrea Savorani Neri / NurPhoto / NurPhoto via AFP

N ous allons peut-être refermer la fracture qui existe entre les partis de gauche sur la question européenne »,espère Manon Aubry, eurodéputée LFI. La position de la France face au droit européen s’est retrouvée au cœur des compromis entre les différents partis de gauche pour les législatives. Parmi les principales dissensions, l’utilisation du terme « désobéissance ». « Pour être en capacité d’appliquer notre programme […]_, il nous faudra être prêt·es à désobéir à certaines règles européennes »_, peut-on lire dans l’accord signé avec EELV. Le PS a eu beau préférer le mot « déroger », le non-respect du droit européen a vite été propulsé au centre des débats médiatiques, régulièrement dénoncé par la droite.

« Il y a des caricatures erronées des deux côtés », estime Shahin Vallée. L’économiste et chercheur à l’Institut européen de la London School of Economics craint surtout que cette affirmation frontale offre un prétexte à d’autres pour justifier des lois liberticides, comme en Pologne et en Hongrie. Pour Manon Aubry, « cette façon de penser résulte d’une volonté délibérée de LREM de nous associer à des États totalitaires ».Cela n’empêche pas l’eurodéputée de renvoyer la balle : « Macron désobéit déjà, la différence c’est qu’il le fait en catimini. » Le chercheur Shahin Vallée abonde : « Il a beau être l’un des présidents les plus pro-européens, il n’hésite pas à s’affranchir de certaines règles, de manière brutale parfois. » L’expert fait ici

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