Cet inquiétant « ni-ni » macronien

Les candidat·es du parti présidentiel éliminé·es renvoient les « extrêmes » dos à dos.

Patrick Piro  • 15 juin 2022
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Cet inquiétant « ni-ni » macronien
Olivia Grégoiren
© Ludovic MARIN / AFP

Dimanche soir, devant le résultat décevant du parti présidentiel, plusieurs de ses cadres se sont lâchés. Alors que ses candidat·es éliminé·es laissent place à un affrontement Nupes-RN dans 58 circonscriptions, c’est un inquiétant concert de « ni-ni » qui dominait les commentaires, renvoyant les « extrêmes » dos à dos. La Première ministre, Élisabeth Borne, dénonce « une confusion inédite entre les deux extrêmes », face auxquels « nous ne céderons rien ». Plusieurs de ces battu·es annoncent qu’ils voteront blanc. Dans le Val-de-Marne, l’ex-ministre des Sports Roxana Maracineanu dérape, appelant à un « front républicain contre l’extrême gauche ». Son opposante Nupes, qui la devance très largement : Rachel Keke, femme de chambre à la tête d’une bataille victorieuse de 22 mois pour arracher de meilleures conditions de travail à l’hôtel Ibis Batignolles. Et Alexandrine Pintus, éliminée dans le Pas-de-Calais : elle appelle son électorat à continuer son « combat contre les extrêmes » en votant blanc, dans un second tour opposant Marine Tondelier (EELV) à… Marine Le Pen !

La Macronie, son chef en tête, préparait la diabolisation de la Nupes depuis plusieurs jours. Alors que Macron en appelait au front républicain contre l’extrême droite au second tour de la présidentielle, l’effet miroir est désastreux. Idéologie boutiquière à géométrie variable : dès lundi matin, certains se reprenaient, tel Stanislas Guerini, délégué général de Renaissance (ex-LREM), appelant à voter en faveur de Marine Tondelier. Mais le sentiment de cafouillage persistait. Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement, prônait que les situations soient examinées au cas par cas. Et Élisabeth Borne de fixer la doctrine de tri : « Si on a affaire à un candidat qui ne respecte pas nos valeurs républicaines, qui insulte nos policiers, qui demande de ne plus soutenir l’Ukraine, qui veut sortir de l’Europe », alors « nous n’appelons pas à voter pour lui ». Quand le camp présidentiel se caricature face à l’élan Nupes.

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