En Pologne, les mères ukrainiennes réfugiées sous pression

Massivement accueillies chez les particuliers avec leurs enfants, les femmes ukrainiennes sont appelées à devenir autonomes financièrement. À partir de juillet, le gouvernement ne prendra plus en charge les frais d’hébergement et de nourriture de leurs hôtes.

I maginez comment, du jour au lendemain, elles ont dû tout abandonner», lance Sofiia. Fini la routine, le sac à dos des enfants préparé le soir pour partir à l’école le matin suivant. Au Badaboom, elle regarde ces dizaines de mamans ukrainiennes qui l’entourent. Toutes sont venues, comme elles, en ce début juin, dans ce centre de loisirs privé où l’on peut aussi boire un café. Un joyeux bazar : attablés, certains enfants font du dessin tandis que d’autres se déchaussent pour se défouler dans une belle salle de jeux. À l’intérieur, les mères peuvent se servir en vêtements, en pâtes, en conserves ou en produits d’hygiène mis à disposition sur place. Les cours de polonais ou d’anglais, pour tous les âges, y sont gratuits. À l’extérieur, sous le soleil et sur le gazon, une ONG étrangère organise une animation pour les petits. Une autre distribue des pizzas. Depuis le début de la guerre en Ukraine, cet endroit hybride, à la fois café et salle de jeux, est tout tourné vers les Ukrainiennes et leurs enfants. «On s’occupe de 400 familles», lance Bogumil, le responsable du lieu. Ici, à Rzeszow, capitale régionale polonaise située à 100 kilomètres de la frontière ukrainienne, les services de la ville estiment qu’il y avait, fin mai, près de 20 000 réfugiés, s’ajoutant à une population d’environ 200 000 habitants.

Sofiia est arrivée en Pologne dès les premiers jours du conflit, avec ses fils de 7 et 9 ans. Vivant juste derrière la frontière, à Volodymyr-Volynskyï, elle s’est installée ici en mars, dans l’annexe d’une maison où loge un vieux couple de personnes âgées. Elle exclut, pour le moment, de retourner chez elle. « Je reste ici pour mes enfants», dit-elle. Même à l’ouest du pays, dans la zone frontalière de la Pologne, la situation demeure imprévisible. Des missiles continuent de tomber occasionnellement autour de Lviv, à seulement deux heures trente de là. D’autres mères – comme Svietlana, originaire de Poltava (à 140 kilomètres de Kharkiv), installée ici avec sa sœur et leurs enfants – imitent Sofiia dans leur choix : épargner à leurs enfants ne serait-ce que le son des sirènes. «Ils ont pris leurs habitudes», reconnaît cette femme de 33 ans. Tandis que la guerre s’enlise en Ukraine, leur séjour en Pologne s’éternise.

Il reste 77% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 5€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.